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LE BON VIEUX TEMPS

Air : Lison dormait.

Ou^pmps présent, si misérable,

Quand on nous vante les douceurs ,

Le bon vieux temps, à cette table.

Doit trouver quelques défenseurs :

Pour rire et boire, aime$ et plaire, Chanter, danser, et vivre heureux,

Nos bons aïeux, . (6w.)

Quoi qu’en dise notre confrère,

Nos bons aïeux (bis.)

V alaient bien mieux Que leurs neveux.

Dans tout métier, dans tout commerce , Nous nous gardons de marcher droit : On prend cent routes de traf erse ,

Ou bien chacun vous montre au doigt.

Guidés par l’honnête franchise ,

Fuyant tout sentier tortueux ,

Nos bons aïeux , (bis.)

Quoi que notre confrère en dise,

Nos bons aïeux (bis.)

Marchaient bien mieux Que leurs neveux.

Tous les amours sont à la glace ,

Dans nos cercles du meilleur ton.

Pauvres galants ! un rien vous lasse ,

Un rien vous donne le frisson.

Courant l’amoureuse carrière ,

Sans cesse avec de nouveaux feux

Nos bons aïeux ,

(bis.)

Quoi qu’en dise notre confrère,

Nos bons aïeux

(bis.)

Aimaient bien mieux

Que leurs neveux.

Chaque jour c’est un nouveau liyre Pour signaler les méilleurs plats ; Chaque jour on prétend mieux vivre , Et l’on supprime des repas.

Pour contenter leur gourmandise, Faisant quatre galas fameux,

Nos bons aïeux, {bis.)

Quoi que-tiotre confrère en dise,

Nos bons aïeux [bis.)

Vivaient bien mieux Que leurs neveux.

Nargue du luxe qu’on affiche

Dans tous nos dîners d’apparat ;

Vaisselles, cristaux, tout est riche;

Mais ce qu’on boit est pauvre et plat.

Dans la tasse la plus grossière

Sablant des vins dix fois plus vieux ,

Nos bons aïeux , (bis.)

Quoi qu’en dise notre confrère , j

Nos bons aïeux (bis.)

Buvaient bien mieux «

Que leurs neveu*.

D*ms tous nos cercles on fredonne La romance et les petits airs;

Une ronde grivoisedonne A nos belles des maux de nerfs.

La gaîté qui nous scandalise Animait leurs refrains joyeux.

Nos bons aïeux , (bis.)

Quoi que notre confrère en dise ,

Nos bons aïeux (bis.) «

Chantaient bien mieux Que leurs neveux.

À la façon dont chacun danse , >

Ce n’est plus un amusement;

C’est un grand art , une science ,

Une affaire, et même un tourment.

Dans les bosquets, sur la fougère,

Le plaisir seul formant leurs jeux ,

Nos bons aïeux . (bis.)

Quoi qu’en dise notre confrère ,

Nos bons aïeux , (bis.)

Dansaient bien miqpx Que leurs neveux.

On compte aujourd’hui par douzaine Les grands cœurs et les beaux esprits , •

Les bonnes femmes par centaine ,

Et par milliers les vrais amis.

Pour éviter toute méprise ,

Les comptant toujours deux par deux.

Nos bons aïeux , (bis.)

Quoi que notre confrère en dise ,

Nos bons aïeux (bis.)

Comptaient bien mieux Que leurs neveux.

Notre devise est : Courte et bonne.

Précipitons le vol du temps ;

Cueillons les fruits avant l’automne ,

Et les fleurs avant le printemps.

Prenant les plaisirs sur la terre Suivant les temps , suivant les lieux ,

Nos bons aïeux ,

(bis.)

Quoi qu’en dise notre confrère,

Nos bons aïeux , .

(bis.)

Rivaient bien mieux

Que leurs neveux.

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