LA MORT DU TEMPS
Air : Aussitôt que la lumière.
Contemplons le Temps qui passe, Et rçga nions après lui ;
Il ne laisse sur sa trace Que le néant et l’oubli.
A détruire il s’évertue ;
Profitons bien des instants :
En attendant qu’il nous tue,
Mes amis, tuons le Temps.
Il frappa le grand Molière ,
Et La Fontaine, et Scarron,
La gentille *Deshdulière ,
Vadé , Panard et Piron ;
Ce vieillard cruel moissonne Les plus illustres taiens ;
Il ne ménage personne;
Ne ménageons pas le Tempes.
II faut que sa mort soit douce; Préservons-le de l’ennui :
Que l’Aniour gaîment émousse Toutes ses flèches sur lui ;
Que Bacchjis couvre de lie Son front ridé par les ans.
Dans les bras de la Folie Faisons expirer le Temps.
Dans sa course meurtrière ,
$ S’il lève sa faux sur nous,
Ne faisons point de prière Pour échapper à ses coujps.
Abandonnons-lui sa proie;
Mais en redoublant nos chants, Éternisons notre joie,
Et nous survivrons au Temps.