‹ Chansons; morceaux choisis. Préf. de comte Serge FleuryChapitre 59 sur 70 · ADIEU, CHANSONS · texte numérisé non relu

ADIEU, CHANSONS

Pour rajeunir les fleurs de mon trophée, Naguère encor, tendre, docte ou railleur. J'allais chanter, quand m'apparut la fée Qui me berça chez le bon vieux tailleur. " L'hiver, dit-elle, a soufflé sur ta tête : Cherche un abri pour tes soirs longs et froids. Vingt ans de lutte ont épuisé ta voix. Qui n'a chanté qu'au bruit de la tempête." Adieu, chansons ! mon front chauve est ridé. L'oiseau se tait ; l'aquilon a grondé.

" Ces jours sont loin, poursuit-elle, où ton âme

Comme un clavier modulait tous les airs ;

Où la gaîté, vive et rapide flamme.

Au ciel obscur prodiguait ses éclairs.

Plus rétréci, l'horizon devient sombre ;

Des gais amis le long rire a cessé.

Combien là-bas déjà t'ont devancé !

Lisette même, hélas ! n'est plus qu'une ombre."

Adieu, chansons ! mon front chauve est ridé.

L'oiseau se tait ; l'aquilon a grondé.

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