LES POSSÉDÉS
Air ; du Méléagre champenois.
Répandez vite
Force eau bénite Sur ce chrctieu par Satan maîtrisé!
Répandez vite
Force eau bénite, Que sans remise il soit exorcisé!
Vous le voyez, ce malin Sycophantc, Au teint livide, à l'œil louche, au cou tors? Rien qu'à la cour comme un saint on le vante, N'approchez pas, il a le diable au corps. Répandez, etc.
Ce vieux marquis que le noble Versailles A vu jadis briller à l'œil de bœuf, Malgré la charte et vingt ans de batailles Menace encor comme en quatre-vingt-neuf.
Répandez, etc.
Des possédés serait-ce donc le règne?
Voyez plutôt ce vilain fanfaron; De sa boutique il a vendu l'enseigne Tour aclieler des armes de baron.
Répandez, etc.
( io5 )
Et ce rimeur dout la muse vénale A tour à tour encensé nos tyrans, Pour le guérir de sa lèpre infernale , De l'onde sainte il faudra des torrens. Répandez, etc.
Dans son palais tandis que tout sommeille.
Entendez-vous F s le Gascon?
>c Mettez, dit-il, l'eau bénite en bouteille, 51 Puis au public vendons chaque flacon, n Répandez , etc.
Des possédés quelle immense cohorte.
En casque, en toge, en mitre, en cotillon! Sur le bon Dieu, quoi' Belzébuth l'emporte! Cher L s, prenez le goupillon.
Répandez vite
Force eau bénite Sur ce chrétien par Satan maîtrisé!
Répandez-vite
Force eau bénite.
Que sans remise il soit exorcisé!
( io6 ) PETIT DIALOGUE HISTORIQUE
ENTRE LE DEY d'AlGER ET SON FILS. A[R : Zig-zag din-don.
— Oses-tu bien te présenter
Aux regards du monarque?
— Mon père, daignez m'ecouter.
Et demain je m'embarque:
Pour votre fils Ismaël
Ne soyez point si cruel;
Pardonnez moi mon père, De mechans bruits ne croyez rien;
Ce que j'ai voulu faire,
C'était pour votre bien.
— Sans me payer d'un vain respect,
Je veux qu'on m'obe'isse.
— Sire, en prison plus d'un suspect.
Accusait la justice.
Pour abréger ses travaux,
J'allais nommer des prévôts;
Pardonnez-moi, mon père, De mechans bruits ne croyez rien; ,
Ce que j'ai voulu faire.
C'était pour votre bien.
( I07 ) — Ce n'était pas une raison
Pour embaucher ma garde.
— Mais on minait notre maison,
Si je n'y prenais garde.
Vous auriez ouï plus tard
Un effroj'able pétard;
Pardonnez-moi, mon père, De méchans bruits ne croyez rien;
Ce que j'ai voulu faire,
C'était pour votre bien.
— M'emprisonner dans mon palais,
C'est par trop d'insolence !
— Par Mahomet ! je ne voulais
Vous faire aucune offense;
Mais j'avais quelque soupçon
Que vous étiez franc-maçon ;
Pardonnez-moi, mon père, De méchans bruits ne croyez rien ;
Ce que je voulais faire,
C'était pour votre bien.
— Tu voulais, soit dit entre nous,
Me donner ma retraite.
— Eh ! faut-il vous mettre en courroux
Pour ce complot honnête.
Plus d'un monarque pieux
A son papa fit bien mieux ;
Pardonnez-moi , mon père , De méchans bruits nu croyez rien;
( ïo8 )
Ce que j'ai voulu faire, C'était pour votre bien.
— Le dey par la grâce de Dieu ,
Bannit un fils rebelle.
— Eh! quoi, vous vous fâchez! adieu!
A Montrouge on m'appelli;.
Aux factieux indulgent
Vous serez toujours un ;
Pax-donnez-moi , mon père , De mechans bruits ne croyez rien ;
Ce que j'ai voulu faire,
C'était pour votre bien.
VVVX/VVVVVVVVVVVVVV'VV\/VV\A/VV'VVVAAA,VVVVVVVVVVVV w\\/\v