RIEN NE M'ÉTONNE PLUS
Air : le luth brillant qui cLanta les amours.
Pauvres humains, en vérité je ris Lorsque pour rien je vous vois tout surpris ; Le moindre événement trouble votre cervelle; De nos pantins vêtus Moi, j'ai vu la ficelle, (bis.)
Rien ne m'étonne plus. (bis.)
Tel qui naguère, à Voltaire dévot , Des livres saints ne croyait pas un mot. De l'église aujourd'hui devient l'ardent apôtre;
Il dit son angélus
Avec sa patenôtre :
Rien ne m'étonne plus.
Avec horreur vous regardez ce char Dont l'édredon porte un ancien mouchard. Pourquoi vous courroucer à l'aspect de ce cuistre?
Sans talens ni vertus
On peut être ministre,
Rien ne m'étonne plus.
Un conquérant, illustre casse-cou Allait vainqueur de Madrid à Moscou;
Sur un rocher désert vient expirer sa gloire; Et ceux qu'il a vaincus Outragent sa mémoire.
Rien ne m'étonne plus.
Dans le palais de nos législateurs Je cherche en vain d'illustres orateurs : La voix de Manuel est réduite au silence,
Tandis que Marcassus
Pérore en son absence.
Rien ne m'étonne plus.
Un jour peut-être, au faîte des grandeurs. J'aurai de l'or et des ambassadeurs :
Par la grâce de Dieu , je régnerai, j'espère ; Mes sujets bien moulus Me nommeront leur père.
Rien ne m'étonne plus.
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