‹ Chansons nouvellesChapitre 67 sur 80 · RIEN NE M'ÉTONNE PLUS · texte numérisé non relu

RIEN NE M'ÉTONNE PLUS

Air : le luth brillant qui cLanta les amours.

Pauvres humains, en vérité je ris Lorsque pour rien je vous vois tout surpris ; Le moindre événement trouble votre cervelle; De nos pantins vêtus Moi, j'ai vu la ficelle, (bis.)

Rien ne m'étonne plus. (bis.)

Tel qui naguère, à Voltaire dévot , Des livres saints ne croyait pas un mot. De l'église aujourd'hui devient l'ardent apôtre;

Il dit son angélus

Avec sa patenôtre :

Rien ne m'étonne plus.

Avec horreur vous regardez ce char Dont l'édredon porte un ancien mouchard. Pourquoi vous courroucer à l'aspect de ce cuistre?

Sans talens ni vertus

On peut être ministre,

Rien ne m'étonne plus.

Un conquérant, illustre casse-cou Allait vainqueur de Madrid à Moscou;

Sur un rocher désert vient expirer sa gloire; Et ceux qu'il a vaincus Outragent sa mémoire.

Rien ne m'étonne plus.

Dans le palais de nos législateurs Je cherche en vain d'illustres orateurs : La voix de Manuel est réduite au silence,

Tandis que Marcassus

Pérore en son absence.

Rien ne m'étonne plus.

Un jour peut-être, au faîte des grandeurs. J'aurai de l'or et des ambassadeurs :

Par la grâce de Dieu , je régnerai, j'espère ; Mes sujets bien moulus Me nommeront leur père.

Rien ne m'étonne plus.

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