PS ARA
ou CHANT DE VICTOIRE DES OTTOMAKS. Xiv, : A soixante ans on ne doit pas remettre,
j\ ous triomphons ! Ailali ! gloire au pixjplu'-te !
Siif ce rocher plantons nos étendai'ds.
Ses défenseurs, illustrant leur défaite ,
En vain sur eux font crouler ses remparts, (bis.)
Nous triomphons , et le sahrc terrihle
Va de la croix punir les attentats. (bis.)
Exterminons une race invincible :
Les rois chrétiens ne la vengeront pas. (bis.)
* Le désastre de Psara ou Ipsara est encore trop récent pour iju'il soit nécessaire d'en rapporter les diUails , non plus que de la liclle défense et de la fin liéroiifue de ses lialnlans ; les Turcs c iii • riii'incs ont rendu justice aux Ipsariotc.s.
( 2oG )
N'as-tu , Chios , pu sauver un seul être Qui vînt ici raconter tous tes maux?* Psara tremblante eût fléchi sous son maître. Où sont tes fils, tes palais, tes hameaux ? {bis.) Lorsque la peste en ton île rebelle *
Sur tant de morts menaçait nos soldats , ** [bis.) Tes fils mourans disaient: N'implorons qu'elle; Les vois chrétiens ne nous vengeront *pas. [bis.)
Mais de Chios recommencent les fêtes.
Psara succombe , et voilà ses soutiens.
Dans le sérail comptez condjien de têtes
Vont saluer les envoyés chrétiens. i^^^-)
Pillons ces murs ! de l or ! du vin ! des femmes !
Vierges , l'outrage ajoute à vos appas. [bis.)
* Plus de cin<[uaiilr mille clirclieiis perdirenl I.t vie ou la !ilieite lors du massacre de Cliius, ou Scio , car c'est le iinim,e nom, corrompu p.ir la prononcialion italienne.
** Le nombre des cadavres entasses dans cette iiiallieureu-c contrée, fil craindre, aux chefs ottomans, que la peste ne se mil dnns leur armcc , livrc'e au pillage de celle île opulente.
Le glaive après pui'ifiera vos âmes ;
Les rois chrétiens ne vous vengeront pas. {bis.)
L'Europe esclave a dit dans sa pensée:
Qn'un peuple libre apparaisse! et soudain...
Paix ! ont crié d'une voix courroucée
Les chefs que Dieu lui donne en son dédain, {bis.)
Byron offrait un dangereux exemple ;
On les a vus sourire à son trépas. {bis.)
Du Christ lui-même allons souiller le temple :
Les rois chrétiens ne le vengeront pas. {bis.)
A notre rage ainsi rien nt s'oppose ; Psara n'est plus , Dieu vient de l'effacer. Sur ses débris le vainqueur qui rejîose Rêve le sang qu'il lui reste à verser. {bis.)
Qu'un jour Stamboul* contemple avec ivresse Les derniej-s Grecs suspendus à nos mâts ! {bis.) Dans son tombeau faisons rentrer la Grèce : Les rois chrétiens ne la vengeront pas. {bis.)
* Conslanlinoplc. SlaiiilKiil est le nom <\i\e lui donnent les
TllICS.
Ainsi chantait celte horde sauvage.
Les Grecs ! s'écrie un harhare elfrayé.
La flotte Hellène a surpi'is le rivage
Et de Psara tout le sang est payé. i^^^-j
Soyez unis, ô Grecs, ou plus d'un traître
Dans le triomphe égarera vos pas. (bis.)
Les nations vous pleureraient peut-être ;
Les rois chrétiens ne vous vengeraient pas. {l>is.}
LE VOYAGE IMxVGINAiRE.
Ain ■ Muse clob bois, cle.
JL'automne accourt, et sur son aile humide ^l'apporte encor cle nouvelles douleurs.
Toujours souffrant , toujours pauvre et timide , De ma gaîté je vois pâlir les fleurs.
Arrachez-moi des fanges de Lutèce.
Sous un heau ciel mes yeux devaient s'ouvrir. Tout jeune aussi je rêvais à la Grèce 3 C'est là, c'est là, que je voudrais mourir.
En vaiH fauL-il qu'on me traduise Homère ;
Oui , je fus Grec ; Pythagore a raison.
Sous Périclès j'eus Athènes pour mère ;
Je visitai Socrate en sa prison.
De Phidias j'encensai les mei-veilles ;
Dte rilissus j'ai vu les bords fleurir.
iB.