‹ Chansons parisiennesChapitre 15 sur 16 · LES RUINES DU QUARTIER LATIN · texte numérisé non relu

LES RUINES DU QUARTIER LATIN

Je »uis inédecin maintenant Dans le département de lEure.

Mon gros ventre encore sonnant ^Marquait quarante tout à l'heure.

J'ai suivi les cours de Paris, A l'Ecole, et, j'ose le dire, A la Chaumière, chez Lahire.

Où j'ai beaucoup, beaucoup appris

J'ai voulu revoir, cet hiver.

Ce beau pays latin que j'aime.

Deux souffles du chemin de fer M'ont envoyé sur le lieu même. Mais jusque dans le firmament Je cherche en vain la vieille rue De la Harpe ; elle est disparue, Et le Prado pareillement.

Sur les débris de ma Cité

Je m'assis, songeant davantag-o

A ce héros souvent cité

Sur les ruines de Carthag-e.

Je cherchai, le soir chez Builier,

Les petits bonnets de grisettes.

Les bérets blancs et les casquette;

Qu"on vo^-ait souvent sallier.

Les bérets sont en haljit nuir, Les bonnets ont des crinolines .

Le cancan est allé s'asseoir, Fuyant les danses anodines On a peur du municipal :

Entin, sans différence aucime.

C'est ainsi que dans ma commune Monsieur le maire donne un bai.

Monsieur Builier me remarquant Cavalier seul, médit : a Jeune liumin»' » Un soir, en dansant le cancan.

» La grisette vit une somme, « Une somme assez forte en or, » Musique dé poche, laquelle » Fit faire à la petite belle » Un entrechat qu"un cite encor.

C'était un monsieur tres-bien mu Qui dirigeait cette musique.

La grisette alors aux amis Fit un petit salut oblique.

.Sa robe d'indienne enfla Et fut changée en crinoline.

Romain ville, verte colline.

Est un fort depuis ce soir-là. •

Plus de désintéressement :

A Montmorency, plus un une.

Plus de maîtresse ni d'amant 1 A l'estaminet Tamour flâne.

Le Quartier a mis un faux-col .

Je .dois l'avouer, je préfère Louviers. où je fais mon affaire, Au boulevard Sébastopol.

Mars 1.^60.

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