‹ Chansons populaires de l'AinChapitre 12 sur 259 · PRÉFACE XXIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXIII

AÎDsi vont les choses. Do ce foudre do guerre qui fit trembler nos aïeux, il reste tout juste une petite chanson pour amuser les enfants !

A côté de rhistoire la légende. Et do fait, dans un recueil de poésies populaires, on a quelque peine à les distinguer, car tout événement historique traité par le peuple, prend immédiatement un air légendaire, quasi fantastique.

Le fantastique n'est-il pas la vie même du paysan? Oui, ce serf de la glèbe, ce calculateur éhonté, ce fesse-mathieu, ce grippesous est au fond tout imprégné de merveilleux. Cet homme de la nature et du naturel^est le contraire d'un réaliste. L'idéal est son vrai domaine : il s*y meut à Taise.

Et ce ne sont pas seulement les mélancoliques landes bretonnes, les brandes du Berr}', les roches calcinées de la Provence qui fourmillent de poésies cachées et d'enchantements. Tout calme, heureux et souriant qu'il nous apparaisse, notre cher pays a, comme les autres, sa part de mystère. Dans ses combes verdoyantes, sous l'or des grands blés, dans le bleu des fontaines, grouille tout un petit peuple ignoré du profane. Modeste d'ailleurs et point malfaisant, espiègle à ses heures, presque timide, il sait se tenir à sa place et ne mène pas grand bruit.

Les gens qui passent par la forêt de Jailloux no se doutent certainement pas qu elle est hantée des f('*es. Pauvres petites créatures païennes, oubliées là depuis la chute des anciens dieux, elles ne font aucun mal. Ce sont de vieilles, très vieilles fées, qu'on appelle les Sauvageons. A peine ont-elles encore la force de danser au clair de lune, sur fherbe vert paie, dans le rond magique.

L'une d'elles avait un petit qui allait toujours courant sur les

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