‹ Chansons populaires de l'AinChapitre 14 sur 259 · PRÉFACE XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE XXV

hurle comme un damné qu*il est, le païen, et, par surcroit, ses chiens vous sauteraient au cou.

Nous avons aussi nos animaux fantastiques, au premier rang desquels il faut mettre la cocadrille et la vouivre.

Diaprés une tradition fort ancienne, le coq pond quelquefois un œuf plus petit qu*un œuf de pigeon. Il n'y a pas de jaune, mais à la place un germe noirâtre qui produit un animal ressemblant au crocodile : c'est la cocadrille.

Si, par malheur, on ne trouve pas cet œuf, la cocadrille éclot et va se cacher sous les escaliers, et tous les maîtres de la maison meurent successivement, jusqu'à la destruction de la bète malfaisante.

La vouivre est plus extraordinaire encore. C'est un serpent ailé qui porte un superbe diamant au milieu du front ou un anneau d*or au cou.

On ne peut (c'est du moins la croyance du Revermontj s'en emparer qu'au moment des foins. On prépare alors neuf cuchons de foin qu'on met l'un sur l'autre et on guette le moment où la vouivre s'éloignera pour boire.

Comme elle est obligée pour cela de poser à terre son diamantf si on peut s'en emparer et arriver sous les neuf cuchons avant d*ètre atteint par ranimai, on estsùrd*avoir fortune faite. Quanta la vouivre, elle dévore huit des cuchons et crève aussi tôt.

Je ne parle pas des plantes merveilleuses comme la rose àv minuit qui chaque année éclot à la Burbanche, la nuit do Noël, dans la maison de M. Clerc, et qui annonce ce que sera la future récolte.

J'ai hâte d'arriver aux superstitions les plus populaires dv, notre pays^ à celles qui ont trait à la synagogue et au servant.

La synagogue était une réunion de personnes qui avaient fait un pacte avec le diable. Elle se tenait dans un lieu écarté, un peu sauvage, tous les vendredis, et on y mangeait toutes

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