PRÉFACE XXXIX
une fiUo en mariage, il fasse tout d^abord demander l'entrée de la maison par une parente ou par une amie.
Cette entrée accordée, il ira faire sa cour (en patois cortige\ courtiser).
La veille du mariage, tous les jeunes gens invités à la noce vont souper et passer la nuit chez le futur. Ils en sortent processionnellement, le garçon d*honneur en tète, pour se rendre chez la fiancée. Ils portent deux besaces. La première contient la robe et la jarretière de la mariée. Dans la seconde, il y a d'un cAté une bonne tarte et un pognon, ou brioche (c'est le bon déjeuner) ; de Tautre un méchant pâté qui renferme soitune souris, soit une grenouille, soit le plus souvent un oiseau (c'est le mauvais déjeuner).
En cet équipage, ils frappent à la porte de la future.
w Ouc cherchez-vous? leur demandc-t-on. — Une pillette (petite poule), nous savons qu'elle est ici. — Soit, entrez. » Ils entrent; et tout aussitôt la maltresse de la maison s'informe du propriétaire des doux besaces et demande qu'on veuille bien les lui donner.
— f( Non pas, répondent les garçons, elles sont à nous.» Ils font le simulacre de se les arracher l'un à Tautre, et de guerre lasso consentent à ce qu'elles soient enfermées provisoirement dans un cabinet dont la clef est remise au garçon d*honncur. Puis ils s'approchent de la cuisinière et lui réclament à boire et à manger.
— «Trouvez d'abord lapillotle,leur dit-elle», et alors commence une recherche qui dure parfois plusieurs heures. Généralement la fiancée est cachée au grenier sous le foin ou dans le coffre à blé, quelquefois dans un arbre du jardin. Lorsqu'elle est trouvée, le garçon dhonneur va chercher la besace qui contient les vivres et oiïre à déjeuner, puis on apporte l'autre besace et l'épousée est conduite à sa chambre, pour y faire sa toilette. Je n*ai