‹ Chansons populaires de l'AinChapitre 9 sur 259 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

A tous ces pèlerinages on chante de pieuses complaintes, comme celles dont le lecteur trouvera quelques spécimens après les prières. La légende de la Charité est connue presque partout. On est tenté d'y voir une tentative d'intimidation spirituelle, dirigée par Thonorable corporation des mendiants contre les bourses récalcitrantes.

Restent les Noëls. Ce serait leur place naturelle, mais on n'en a point admis dans ce recueil. Tous ceux que nous avons entendu chanter sont l'œuvre de semi-lettrés, et par conséquent, à peine populaires. Ils sortent généralement d'ailleurs d'une de ces innombrables bibles de Noëls nouveaux dont le colportage a jadis inondé nos campagnes, et comme ces bibles ne sont pas très rares, on y renvoie le lecteur curieux de ne rien laisser échapper de la littérature de notre contrée. Pour les Noêls bressans, déjà publiés par M. Philibert Le Duc, outre qu'ils ne viennent aucunement du peuple, ils sont en patois et n'ont rien à voir ici.

A la suite des chants religieux on a placé ceux qui se rattachent à quelque événement historique. Ils sont peu nombreux, également, et, chose étrange, il en est partout de même en France, au moins dans les pays de pure langue française.

Faut-il y voir une preuve do l'indifférence de notre peuple en matière politique ? Le fait est qu'il semble à peine avoir gardé le souvenir des gloires et des catastrophes do son histoire. M. Bladé, dans son recueil si complet pourtant des chants de la Gascogne, n'a pu donner qu'un chant historique. Encore manque-t-il d'authenticité. Et quant aux nombreuses pièces qui composent les deux volumes de Leroux de Lincy, on peut, comme les Noëls, les attribuer presque toujours à de semi-lettrés, fort ignorants sans doute et de très mince génie,

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