L'AMANT NOYE
C'était un' fiU' de quatorze ans, Mèm' quelques jours davantage, Son pèr' l'a mis' dans une tour, De peur qu'on ne lui fasse la cour.
Son cher amant qui la suivait.
Ayant les yeux baignés de larmes — Permettez-moi d'ouvrir la tour.
Je vous irai voir tous les jours.
— Mon ami, si vous y venez, Je mettrai flambeau pour enseigne.
Quand le flambeau s'ra allumé, Vous n'aurez point peur d'approcher,
Mais quand s'en vint sur la minuit, Que le flambeau d'amour s'allume.
Depuis la minuit jusqu'au jour, L'amant reste au pied de la tour.
Et quand s'en vint le point du jour, La beir mit la tête aux fenêtres.
Et regardant du haut en bas, EU' vit son amant au trépas.
Ami, ami, mon bel ami, Que ta mort m'y cause de peine !
S'il ne fallait que de mon sang Pour ressusciter mon amant,
Avec la point' de mes ciseaux, Je m'y percerais une veine.
D'où je ferais couler mon sang, Pour ressusciter mon amant.