LE VOLTIGEUR FIDELE
Là haut sur la montagne, J'ai z'entendu chanter l'amour.
L'amour disait :
Que les garçons sont malheureux
D'y trop aimer.
Mon voltigeur, au cœur fidèle, Tu reviendras quand tu voudras.
Mon bel ami !
Je te tiendrai ma porte ouverte.
Jusqu'à minuit.
Lorsque les minuit ont sonné, Le voltigeur n'a pas manqué.
— Allez tout doux !
Si mon père nous entendait,
Morte en serais !
(1) Charopée, hameau de quelques maisons avoisinant les Gras.
Ils n'y fur'nt pas plus tôt ensemble Que l'alouette chanta le jour...
— Tu nous trahis !
Il n'est pas jour maudite alouette,
C'n'est que minuit.
Ah ! si l'amour prenait racine, Dans mon jardin j'en planterais
Aux quatre coins.
J'en ferais part à ces lourdauds
Qui n'en ont point.
CHANT DE L'EPIPHANIE (l).
Trois rois nous sommes rencontrés Venant de diverses contrées.
Sommes ici tous trois venus Pour adorer l'enfant Jésus.
En poursuivant notre chemin, Avons trouvé en cherchant bien ; Une étoile nous a conduits, Qui nous éclaire jour et nuit.
A Bethléem ce pauvre lieu, Où était né le Fils de Dieu : Un âne, un bœuf sont à l'entour.
Qui le réchauffent nuit et jour.
(1) Ce sont lies jeunes garçons déguisés en rois mages qui s'en vont de porte en porte en chantant cette chanson. L'un d'eux est ijarbouillé de suie et figure TEthiopien. On leur donne des bagatelles, un sou, un œuf, des noix, des pommes ou un éloupon (poupée d"éloupe). Cet usage est à peu près tombé en désuétude.
Le roi Hérode, ce roi méchant, Nous a demandé cet enfant, Pour l'adorer ainsi que nous.
Ce méchant traître en fut jaloux.