‹ Chansons populaires recueillies en Franche-ComtéChapitre 57 sur 171 · LA FILLE DU GEOLIER · texte numérisé non relu

LA FILLE DU GEOLIER

C'est la fille d'un geôlier, Grand Dieu ! qu'elle est donc belle !

Elle est belle comme le jour.

Un prisonnier lui fait la cour.

De bon matin ell' s'est levée, Plus matin que son père, A ses genoux ell' s'est jetée :

— Donnez la grâce au prisonnier !

Sa gràc' je n'iui donnerai pas, François', belle Françoise, Sa grâce je n'Iui donnerai pas.

Il est jugé — il en mourra.

De bon matin la bell' s'est l'vée, Plus matin que la lune, Eir met la main sous l'oreiller.

Et prend la clé du prisonnier

— Sortez vite de la prison, Pierre, mon ami Pierre, Sortez vite de la prison.

Les portes sont à l'abandon.

De la prison je n'sortirai, François', belle Françoise De la prison je n'sortirai.

Que mon procès ne soit jugé.

Se sont assis dessus un banc, Riant, causant ensemble, Pierr' tourn' la tète derrière lui, Il aperçoit l'bourreau veni.

— Ah ! puisqu'ici il faut mourir, François', belle Françoise

Prends l'anneau d'orque j'ai z'au doigt Et fais un autre amant que moi.

— Un autre amant je n'y ferai, Pierre, mon ami Pieri'e,

Un autre amant je n'ferai pas.

Je veux mourir entre tes bras.

Quand ils furent sur l'échafaud, Quand on allait les pendre, Pierre cria : Monsieur l'bourreau, Couvrez ma mie de mon manteau.

Quand le bourreau entendit ça...

Des amoureux aussi tendres.

Qu'on aille donc les marier, Et qu'il n'en soit jamais parlé.

LA COUTURIERE RUSEE.

Moderato

points qu'elle y

rv

rs 1

iz^

sait Son cher

rnant te

dait Tout

gar - dant Lui fsait un com - pli

ment.

La beir si j't'y tenais, La beir si j't'y tenais, Dedans le bois'seulette, Je t'y ferais changer d'couleur, De couleur ma brunette.

— Dedans le bois j'irai, Sag' je m'en r'tournerai.

Quand ils furent là-haut,

Commenc' par lui r'iever

Sa jolie chemisette,

Sa chemisette, son blanc jupon.

Son cotillon brodé au fond ;

Tout en lui découvrant

Ses jolis genoux blancs.

Quand la belle se vit A moitié découverte Se mit à lui crier :

— Mon père a trois chevaux, Le roi n'en a pas de plus beaux.

Si tu veux me laisser,

Je te les donnerai.

Quand l'galant entendit

Un' si belle promesse,

Le voilà qui lui r'baisse

Sa chemisett', son blanc jupon,

Son cotillon brodé au fond.

Tout en lui recouvrant

Ses jolis genoux blancs.

Quand ils fur'nt chez son père, Commenc' par lui fair' voir Trois chevaux en peinture.

— Bien de mon pèr' n'est pas le mien, Mon pucelage m'appartient.

Retire-toi faquin,

De moi tu n'auras rien.

Et vous jeunes garçons, N'aimez pas tant les filfs, Elles sont bien trop fines, Et ne faites pas comme moi.

Quand je tenais le lièvre au bois.

Mais au lieu de l'avoir pris.

Je l'ai laissé couri.

ISO-

Page 1