‹ Chansons populaires recueillies en Franche-ComtéChapitre 60 sur 171 · LE PRINCE QUI TORTURE SA FILLE · texte numérisé non relu

LE PRINCE QUI TORTURE SA FILLE

Lent.

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La fiir d'un princ' vou - lait ai - mer |Et son pè-

re

l'en em - pé

- chait

Si

tu ne

cess's tes

a - mi-

tiés Dans

la

tour

je

t'en - fer - me

— J'aime mieux mourir dans la tour Que d'abandonner mes amours.

— Dedans la tour tu mourreras Ou tes amours tu quitteras.

Elle a bien demeuré sept ans Sans voir personn' de ses parents Au bout de la septième année Son pèr' s'en vint la visiter.

Bonjour ma fîll' comment qu'ça va?

— Ma foi mon pèr' ça va comme ça.

J'ai z'un pied pourri dans les fers Et un coté rongé des vers.

N'auriez-vous pas dans vot' gousset Quelques vingts francs à me prêter Pour les donner au geôlier Qu'il me desserre un peu les pieds ?

— Et bien ma fill' si vous voulez De cette tour vous sortirez,

Et tout mon argent vous aurez Si vous quittez vos amitiés.

— Oh ! non papa, oh pour cela Mes amours ne quitterai pas.

— Eh bien tu mourras dans la tour Si tu n'veux quitter tes amours.

Le fils du roi passant par là (1) Trois mots d'écrit il lui jeta :

« La beir fait's semblant de mourir Et laissez-vous ensevelir. »

La beir fit semblant de mourir Et se laissa ensevelir.

Quatre-vingts prètr's autant d'abbés Sont venus la bell' enterrer.

Le fils du roi passant par là Dit aux abbés : « Arrêtez là !

Vous portez ma mie enterrer Laissez-moi z'au moins l'embrasser.

Qu'on m'apporte des ciseaux fins Pour découdre le drap de lin ! »

Et quand le drap fut décousu La belle l'a bien reconnu.

— Oh la beir chose que d'aimer !

S'écri' le plus jeun' des abbés,

Il nous faudra les marier Avant que de nous en aller.

(1) Nous avons entendu dire aussi :

Le beau Guyon passait par là, Un mot d'écrit il lui jeta, De fair' la morte et enterrer, A Saint-Denis se fair" porter.

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