LANGUE V
est rendue par -iiil : bial, chapial. La diphtongue oi est devenue oe devant une nasale : poent (àe pener) 11,46, acoentierXXXW , 13. Lueir (pour loier) II, 18, et deloualtés III, 3, représentent une réduction de la diphtongue oi.
En position protonique, on rencontre e là où le français du centre a un a : chescuns, cheveliers, Jergesse, pertirote. Par contre, a correspond souvent à un « du français du centre : astoie, IV, 25, astudie, garroier, raverdie. Un e lorrain correspond à un i français duns zelonnie XXXIV, 14, et un /lorrain à un^ français dans sillier {=: cellier) XL, 41. A dangiers, deuroit correspondent dongii'rsU, 37, dovroit Ul, 7.
Dans l'emploi des consonnes, on peut noter en premier lieu la fréquence du signe x qui correspond à un 5 sonore ou sourd (xûurSy maix, dexant, plaixir, cortoixie, traïxon) et même à ch (xtJîe=zchiJJe IV, 22). Un ic transitoire s'est intercalé dans lozuell, 48, lou'ier XXXIV, 20. Un n non étymologique se rencontre dans nuns,amin . C et 5 se confondent souvent ; ainsi au v. III, 2, se équivaut à ce. Un / non appuyé est conservé (regneit). Le c étymologique est resté dans pouc II, 37. Par contre, il est tombé dans aveii{-=zaveuc) XXXIX, 53. L'/ mouillé danspoille {■= poule) XXXIX, 63 semble être une particularité lorraine (v. plus loin,
p. XIV).
Dans le domaine de la morphologie il y a à noter que le pronom de la première personne esty« IV, 44, et qu'à le et eus correspondent la et DUS. La forme que est en même temps cas sujet et cas régime. Enfin, r^crozV^ (de r^crotV^) XXX, 53, est un subjonctif propre aux dialectes de l'Est.
Graphies anglo-normandes. — L'anglo-normand est représenté par le n» XXIII, provenant d'un manuscrit de Pembroke Collège, et les nos XLIII et XLIV, transcrits dans un ancien manuscrit du Musée britannique. Voici les particularités les plus caractéristiques de ces deux manuscrits. La diphtongue.^/, devenue oi en français du continent, est conservée : aveir, cerveyse, vieiy vei, freidure. A la graphie 0 ou ou du français correspond u : pur, dolur, suspir, suvent. Devant une nasale, un a latin et français est rendu par au : graunt. Les diphtongues ni et ie se sont réduites à