‹ Chansons satiriques et bachiques du XIIIe siècleChapitre 11 sur 139 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

fies deux premières surtout) parmi les plus agréables de notre recueil '.

Cette attribution, qui n'est nullement contredite par la tradition manuscrite 2, est appuyée par les remarques de détail que voici : la pièce XLI nous offre le mot rare mu tel (v. 9), et la pièce XXXIX le mot non encore signalé poille. Or c'est seulement dans les dialectes, anciens et modernes, du Nord-Est qu'ont été signalés en France les dérivés de *pu!1ius ', et mustel (d'après les exemples rassemblés par Godefroy) paraît aussi localisé dans cette région, dont Muset était originaire. En ce qui concerne la pièce XL, la mention (v. 53) de Sailli, si notre correction est juste, serait plus probante encore : on sait que cette localité est de celles où il fréquentait volontiers*, et le Guion qui est ici nommé est connu comme amateur de poésie lyrique ; c'est à lui qu'est sûrement adressée la chanson III de Gautier d'Espinau(éd. Lindelôf et Wallenskôld) et probablement aussi les chansons XI et

XV (cf. de Pange, Les Lorrains et la France au moyen âge, p. 136 et suiv.).

1. Le n° XLI, qui paraît un motet (ou fragment de motet) plutôt qu'une chanson (voy. les notes sur la forme strophique), quoiqu'il ne soit conservé que par un seul ms., paraît avoir joui de quelque notoriété : les vers 5-6 se retrouvent, à peine altérés, au début d'une longue pièce encore inédite, intitulée note Martinet et qui est aussi un motet (Ravnaud 474); Ja longue description de beauté qui en forme la plus grande partie trahit aussi l'imitation de Colin Muset. En voici les premiers vers : y ai trouve Et prouve Mon citer plus enamoré Que je ne vos die ; Uamerè Sans fauser, Ja ne m'en repentir ê For riens c' on me prie Ne die... (N, fol. 187 v' t.

2. Les deux premières pièces se lisent dans 17, la troisième dans O ; or chacun de ces mss. contient quatre pièces de Muset, c'est-à-dire plus qu'aucun autre (à l'exception de C).

3. Voy. Meyer-Liibke, Etym. W'àrt., n° 6228, et Godefroy, Poillon.

4. Le seigneur de Sailli est loué dans XIII, c. m, mais l'allusion qui v est faite dans XIV, 18 paraît bien moins flatteuse. Je saisis cette occasion pour remarquer que M. Bédier n'a connu de cette pièce XIV qu'un fragment; le texte complet se lit en C, fol. 91 (impr. dans Wackernagel, Altfr. Lieder, p. 61). Les n° 340 et 341 de Raynaud doivent être réunis en un seul.

A. — CONTRE LE SIÈCLE

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