CHANSON- DE FETE POUR MARIB
(lÔao.)
Air : Halte^là , la Garde Royale est U.
Comment sans vous compromettre , Vous tourner un compliment I ^De ne rien prendre à la lettre , Nos juges ont fait serment.
Puis-je parler de Marie !
Vatismënil dira : Non. ' « Cest la mère d'un messie , « Le deuxième de son nom.
« Halte-là (hîs) !
« Vite , en prison pour cela.
Dirai-je que la nature .
Vous combla d'heureux talens j
Que les dieux de la peinture
( iM)
Sont touchés de votre encens ; Que votre àme encor brisée Pleure nn vol hit p«r deS' rois ?
« Ah 1 vous pleiirei le Musée , Dit Marchangy, le Gaulois.
« Halte-là 1 « Vil«^ en prison, pour cela.
Si }e dis que la musique.
Vous offre aussi des succès ;
Qu*à plus d'un chant héroïque
S'émeut votre cœur français :
« On ne m'en fait point accroire ,
S'écrie Hua. radieux :
« Chanter la France et- la gloire ,
« C'est par trop séditieux»»
« Halte-U ) 4. Vite , en prison pour cela.
Si je peins la bienfaisance, ,
Et les pleurs qu'elle tarit j
Si je chante l'opulence
A qui le pauvre sourit;
Jaquinod de Pampelune
Dit : « La bonté ttend suspect j
^ Et soulager Tinfortuiie ,
<; C*est nous manquer de respect. »
«.Halt^-làJ « Vite , en prison pour cela.
Eu vain Pamitie' m'inspire ^ Je suis effrayé de tout.
A peine j*ose vous dire Que c'est le quinze d'août.
^ Le quiuze d'août ! » s'ëcrie Bellart toujours en fureur : - « Vous ne fêtez pa3 Marie ^ « Mais vous fétçz T^^ppeuri
« Halie-rlà i .
« Vite, en prison pour cela.
Je me tais donc par prudence.
Et n'offre que quelques fleurs. .
Grand Dieu! quelle inconse'quence I Mon bouquet a trois couleurs.
Si cette erreur fait scandale , J.e puis mé perdre avec vous.
Mais la clémence royale
Est là pour nous sauver tous
« Halte-là I • . . • 4, Vite , en prison pour cela*a i5.
L'ENFANT DE BONNE MAISON , ou
MEMOIRE PBÉSENTÉ A HM. DE l'eGOLE DES CHAR- TRES , CRÉÉE PAR VyE NOUVELLE OJIDOIVNAIVCE.
Air : De la Treille de sincérité,
SlsuLS arbitres Du sceau des titres , Chartriers , rendfez-moi l'honneur :
Je suis bâtard d'un grand seigneur. '
De votre savoir qui prospère., J'attends parchemins et blason :
Un bâtard est fils de son père , Je veux restaurer ma maison.
Oui , plus nobles que certains êtres , Des privilifges fiers suppôts , Moi y je descends de mes ancêtres :
Que Jeur âme soit en repos I
Seuls arbitres Du sceau des titres , - ^
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Chartriers , rendez-moi l'honneur :
Je suis bâtard d'un grand seigneur.
Ma mère 9 en illustre personne , Dédaigna Uolmis et traitans ; De l'Opéra ^<u:tit baronne , Et se 6% comtesse à triante ans.
Marquise enfin» des plus sévèries, Elle i^airgna 1res sotA propos,- Auprès, de me^ duAtes gr^nd*mèrts , Que son âme »ok en. repos 1 > )
Seuls arbitre^ Du sceau dçSj titfes» ...-^ Cliartri,çrs , ^^de?-mai riionjD^i?c|f ; > Je suis bâ^a^d d'uu, gi^^^d seigneur. . \
Mon père que ,' sans ftalterie ', Je cite avant tous ses aVéuii* - * Etait eberâlîef^d'înàitstfi^, ' '*
Sans en ^e moins gîoriieuie.
Comme il avàftpour plkm aux dames De vieux icordons ^et Tàir dispos > Il vécut aux dt^pens des femmes :
Que son ktàé î^3it en repb^ ! ■
( 17? ) Seiik arbitres Du sceau des titres, Ghartriers , rendez-moi Thonneur :
Je suis bâtard d*uii graiid seigneur»
Endetté de plus d'une somme ,
Et dans un donjon retiré ,
Mon aïeul , en faon gentilhomme ,
S'enivrait avec son curé.
Sur le dos des gens du yiHage , '
Après boire, il cassait les pots,
Il but ainsi son héritage : - '
Que son âme soit en repos J
Seuls arbitrer Du sceau des titres , Cbartrie^s , rendez-moi l'honneur j Je suis ' bâtard d'un grand seigneur.
Mon bisaiie\il , chassant de race , Fut un comte fort courageux ^ Qui , laissant rqju^â]lejr,^a^çuir^{t.s^^. ; Joua noblement tous Ie^jeu^« Après une ^uite traiitr««se- ...
De fîfiSf dejrepics , de capots ^^ Un as 4ép)?t»lla son. altesse,,: »
Que son âme ^ait ,çn rep9S,|: ;,..^ -r
Seuls arbitres Du sceau des titres , Chartriers ,. rendez-moi Thonneur :
Je suis bâtard d*un grand seigneur.
Mon trisaïeul, roi légitime, D*un pays fort mal gouverne , Tranchait par fois du magnanime, . Sur-tout quand il avait dine'.
Mais les plaisirs de ce grand prince Ayant absorbé les impôts , Il mangea province à province :
Que son âme soit en repos 1 .
Seuls arbitres Du sceau des titres^ Chartriers , rendez-moi l'honneur :
Je suis bâtard d'un grand seigneur.
De ces faits dressez un sommaire ( .
Messieurs , et prouvez qu'à moi seul Je vaux autant que père et mère , Aïeul , bisaïeul , trisaïeul.
Grâce à votre art que j'utilise , Qu'on me tire enfin des tripots ; Qu'bn m'enterre au chœur d'une église :
Que mon âme soit en repos !
Seuls arbitres Du sceaii des litres > Ghartiiers , rendez-moi Thonneur :
Je suis bâtard d'uu grand seigaeur.
LES ÉTOILES QUI FILENT (i).
(janvier iftîO. )
Air : Du ballet des Pierrots.
"-^Berger , tu dis que notre ëtoile Règle nos jours et brille aux cieux :
<— >Oui 9 mon enfant ; mais dans son yoile ,
La nuit la dérobe à nos yeux*
"—Berger , sur cet azur tranquille ,
De lire on le croit le secret :
Quelle est cette étoile qui filç, . Qui file , file , et disparaît l
Mon enfant , nn mortel expire j Son étoile tombe â Tinstaut.
( I ) Terme usité à Paris pour étoiles tombantes^
izedij^^OgJ^'
( »75 ) Entre amis que la joie inspire , Celui-ci buvait en chantant.
Heureux , il s'endort immobile , Auprès du yin qu'il céléhrAÎU — ^Encore une étoile qui file , Qui file , file , et disparaît.
Mon enfant , qu'elle est pure et belle !
C'est celle d'un objet charmant.
Fille heureuse , amante fidèle , On l'accorde au plus tendre amant.
Des fleurs ceignent son front nubile.
Et de l'hymen l'autel est prêt...
—Encore une étoile qui file , Qui file , file , et disparaît.
Mon fils , c'est Tétoile rapide D'un très-grand seigneur nouyeau-né :
Le berceau qu'il a laissé vide.
D'or et de pourpre était orné.
Des poisons qu'un flatteur distille , C'était à qui le nourrirait...
. —Encore une étoile qui file , Qui file , file , et disparaît.
Mon enfant, quel éclair sinistre i Cétait l'astre d'un favori ,
^nrjW^
( '76) Qui se croyait un grand ministre Quand de nos maux il avait ri.
Ceux qui servaient ce dieu fragile Ont déjà caché son portrait....
-—Encore une étoile qui file , Qui file , file , et disparaît.
Mon fils , quels pleurs seront les nôtres 1^ D*un riche nous perdons l'appui :
L'indigence glane chez d'autres , Mais elle moissonnait chez lui.
Ce soir même , sûr d'un asyle , A son toit le pauvre accourait....
'—Encore une étoile qui file.
Qui file , file , et disparaît.
C'est celle d'un puissant monarque I...
Va , mon fils , garde ta candeur :
Et que ton étoile ne marque Par l'éclat , ni par la grandeur.
Si tu brillais sans être utile , A ton dernier jour on dirait :
Ce n'est qu'une étoile qui file > Qui file , file , et disparait.
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