‹ Chansons, Volume 2Chapitre 52 sur 65 · CHANSON- DE FETE POUR MARIB · texte numérisé non relu

CHANSON- DE FETE POUR MARIB

(lÔao.)

Air : Halte^là , la Garde Royale est U.

Comment sans vous compromettre , Vous tourner un compliment I ^De ne rien prendre à la lettre , Nos juges ont fait serment.

Puis-je parler de Marie !

Vatismënil dira : Non. ' « Cest la mère d'un messie , « Le deuxième de son nom.

« Halte-là (hîs) !

« Vite , en prison pour cela.

Dirai-je que la nature .

Vous combla d'heureux talens j

Que les dieux de la peinture

( iM)

Sont touchés de votre encens ; Que votre àme encor brisée Pleure nn vol hit p«r deS' rois ?

« Ah 1 vous pleiirei le Musée , Dit Marchangy, le Gaulois.

« Halte-là 1 « Vil«^ en prison, pour cela.

Si }e dis que la musique.

Vous offre aussi des succès ;

Qu*à plus d'un chant héroïque

S'émeut votre cœur français :

« On ne m'en fait point accroire ,

S'écrie Hua. radieux :

« Chanter la France et- la gloire ,

« C'est par trop séditieux»»

« Halte-U ) 4. Vite , en prison pour cela.

Si je peins la bienfaisance, ,

Et les pleurs qu'elle tarit j

Si je chante l'opulence

A qui le pauvre sourit;

Jaquinod de Pampelune

Dit : « La bonté ttend suspect j

^ Et soulager Tinfortuiie ,

<; C*est nous manquer de respect. »

«.Halt^-làJ « Vite , en prison pour cela.

Eu vain Pamitie' m'inspire ^ Je suis effrayé de tout.

A peine j*ose vous dire Que c'est le quinze d'août.

^ Le quiuze d'août ! » s'ëcrie Bellart toujours en fureur : - « Vous ne fêtez pa3 Marie ^ « Mais vous fétçz T^^ppeuri

« Halie-rlà i .

« Vite, en prison pour cela.

Je me tais donc par prudence.

Et n'offre que quelques fleurs. .

Grand Dieu! quelle inconse'quence I Mon bouquet a trois couleurs.

Si cette erreur fait scandale , J.e puis mé perdre avec vous.

Mais la clémence royale

Est là pour nous sauver tous

« Halte-là I • . . • 4, Vite , en prison pour cela*a i5.

L'ENFANT DE BONNE MAISON , ou

MEMOIRE PBÉSENTÉ A HM. DE l'eGOLE DES CHAR- TRES , CRÉÉE PAR VyE NOUVELLE OJIDOIVNAIVCE.

Air : De la Treille de sincérité,

SlsuLS arbitres Du sceau des titres , Chartriers , rendfez-moi l'honneur :

Je suis bâtard d'un grand seigneur. '

De votre savoir qui prospère., J'attends parchemins et blason :

Un bâtard est fils de son père , Je veux restaurer ma maison.

Oui , plus nobles que certains êtres , Des privilifges fiers suppôts , Moi y je descends de mes ancêtres :

Que Jeur âme soit en repos I

Seuls arbitres Du sceau des titres , - ^

dbyQoogle

Chartriers , rendez-moi l'honneur :

Je suis bâtard d'un grand seigneur.

Ma mère 9 en illustre personne , Dédaigna Uolmis et traitans ; De l'Opéra ^<u:tit baronne , Et se 6% comtesse à triante ans.

Marquise enfin» des plus sévèries, Elle i^airgna 1res sotA propos,- Auprès, de me^ duAtes gr^nd*mèrts , Que son âme »ok en. repos 1 > )

Seuls arbitre^ Du sceau dçSj titfes» ...-^ Cliartri,çrs , ^^de?-mai riionjD^i?c|f ; > Je suis bâ^a^d d'uu, gi^^^d seigneur. . \

Mon père que ,' sans ftalterie ', Je cite avant tous ses aVéuii* - * Etait eberâlîef^d'înàitstfi^, ' '*

Sans en ^e moins gîoriieuie.

Comme il avàftpour plkm aux dames De vieux icordons ^et Tàir dispos > Il vécut aux dt^pens des femmes :

Que son ktàé î^3it en repb^ ! ■

( 17? ) Seiik arbitres Du sceau des titres, Ghartriers , rendez-moi Thonneur :

Je suis bâtard d*uii graiid seigneur»

Endetté de plus d'une somme ,

Et dans un donjon retiré ,

Mon aïeul , en faon gentilhomme ,

S'enivrait avec son curé.

Sur le dos des gens du yiHage , '

Après boire, il cassait les pots,

Il but ainsi son héritage : - '

Que son âme soit en repos J

Seuls arbitrer Du sceau des titres , Cbartrie^s , rendez-moi l'honneur j Je suis ' bâtard d'un grand seigneur.

Mon bisaiie\il , chassant de race , Fut un comte fort courageux ^ Qui , laissant rqju^â]lejr,^a^çuir^{t.s^^. ; Joua noblement tous Ie^jeu^« Après une ^uite traiitr««se- ...

De fîfiSf dejrepics , de capots ^^ Un as 4ép)?t»lla son. altesse,,: »

Que son âme ^ait ,çn rep9S,|: ;,..^ -r

Seuls arbitres Du sceau des titres , Chartriers ,. rendez-moi Thonneur :

Je suis bâtard d*un grand seigneur.

Mon trisaïeul, roi légitime, D*un pays fort mal gouverne , Tranchait par fois du magnanime, . Sur-tout quand il avait dine'.

Mais les plaisirs de ce grand prince Ayant absorbé les impôts , Il mangea province à province :

Que son âme soit en repos 1 .

Seuls arbitres Du sceau des titres^ Chartriers , rendez-moi l'honneur :

Je suis bâtard d'un grand seigneur.

De ces faits dressez un sommaire ( .

Messieurs , et prouvez qu'à moi seul Je vaux autant que père et mère , Aïeul , bisaïeul , trisaïeul.

Grâce à votre art que j'utilise , Qu'on me tire enfin des tripots ; Qu'bn m'enterre au chœur d'une église :

Que mon âme soit en repos !

Seuls arbitres Du sceaii des litres > Ghartiiers , rendez-moi Thonneur :

Je suis bâtard d'uu grand seigaeur.

LES ÉTOILES QUI FILENT (i).

(janvier iftîO. )

Air : Du ballet des Pierrots.

"-^Berger , tu dis que notre ëtoile Règle nos jours et brille aux cieux :

<— >Oui 9 mon enfant ; mais dans son yoile ,

La nuit la dérobe à nos yeux*

"—Berger , sur cet azur tranquille ,

De lire on le croit le secret :

Quelle est cette étoile qui filç, . Qui file , file , et disparaît l

Mon enfant , nn mortel expire j Son étoile tombe â Tinstaut.

( I ) Terme usité à Paris pour étoiles tombantes^

izedij^^OgJ^'

( »75 ) Entre amis que la joie inspire , Celui-ci buvait en chantant.

Heureux , il s'endort immobile , Auprès du yin qu'il céléhrAÎU — ^Encore une étoile qui file , Qui file , file , et disparaît.

Mon enfant , qu'elle est pure et belle !

C'est celle d'un objet charmant.

Fille heureuse , amante fidèle , On l'accorde au plus tendre amant.

Des fleurs ceignent son front nubile.

Et de l'hymen l'autel est prêt...

—Encore une étoile qui file , Qui file , file , et disparaît.

Mon fils , c'est Tétoile rapide D'un très-grand seigneur nouyeau-né :

Le berceau qu'il a laissé vide.

D'or et de pourpre était orné.

Des poisons qu'un flatteur distille , C'était à qui le nourrirait...

. —Encore une étoile qui file , Qui file , file , et disparaît.

Mon enfant, quel éclair sinistre i Cétait l'astre d'un favori ,

^nrjW^

( '76) Qui se croyait un grand ministre Quand de nos maux il avait ri.

Ceux qui servaient ce dieu fragile Ont déjà caché son portrait....

-—Encore une étoile qui file , Qui file , file , et disparaît.

Mon fils , quels pleurs seront les nôtres 1^ D*un riche nous perdons l'appui :

L'indigence glane chez d'autres , Mais elle moissonnait chez lui.

Ce soir même , sûr d'un asyle , A son toit le pauvre accourait....

'—Encore une étoile qui file.

Qui file , file , et disparaît.

C'est celle d'un puissant monarque I...

Va , mon fils , garde ta candeur :

Et que ton étoile ne marque Par l'éclat , ni par la grandeur.

Si tu brillais sans être utile , A ton dernier jour on dirait :

Ce n'est qu'une étoile qui file > Qui file , file , et disparait.

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