‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 106 sur 167 · SONNET CLV · texte numérisé non relu

SONNET CLV

Nécessité, le jour que tu m'auras dompté, Que tu verras cette âme où tant de noir s'amasse Renoncer à la lutte et te demander grâce. Tu pourras t'applaudir, ô sombre déité :

Car, ce jour-là, sera sous tes pieds arrêté In athlète assez fort, de ceux que la menace, Ne sait point étonner, et qui, vaincus sur place. Se rendent par ennui, mais non par lâcheté.

Fuis alors loin de moi, fuis, ô ma bien-aimée,

0 belle poésie, et de ce cœur flétri

Cache sous ton dédain la cendre envenimée.

Tu laisseras pourtant, de ton céleste abri,

1 ne larme tomber sur ma main désarmée : Jai fait ce que j'ai pu pour ton culte ch('ri.

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