‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 109 sur 167 · SONNET CLIX · texte numérisé non relu

SONNET CLIX

Intrépide animal, cheval, toujours debout,

Du conquérant hardi Dieu te fit le ministre :

Il bride vos regards du même feu sinistre ; i

Il verse entre vos dents cette haleine qui bout. I

Plongeant sur les carrés que le sabre décout, L'héroïque sueur blanchit ton poil de bistre. C'est le cri du clairon, et non l'accord du sistre. Qui réjouit tes flancs et que tu veux partout.

Tu hennis quand, sifflant, passe l'essaim des balles,

Et le sang t'est plus doux que l'odeur des cavales. ■'■■

La mort même sourit à ton aveugle foi.

Sans crainte ni souci tu traverses la terre : i

Car l'ange du Très-Haut met son glaive sur toi,

De fougue et de ravage implacable mystère! i

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