‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 118 sur 167 · RÉPONSE A M. A. MARE Y · texte numérisé non relu

RÉPONSE A M. A. MARE Y

Au printemps de la vie, une belle couronne Est celle qu'en échange, à son jeune vainqueur, La beauté qui connaît le prix d'un noble cœur Tresse de son amour pour l'amour qu'on lui donne.

La couronne de gloire où le laurier foisonne, Ceinte malgré l'envie et le dépit moqueur. Moins douce, est belle Tiussi, quand la verte liqui-iu- Tarit dans les rameaux ébréchés par l'automne.

La première faillit à mon désir trop lier;

La seconde est un prix bien haut pour ma faiblesse;

Une dernière encor nous luit jusqu'en hiver:

La plus belle des trois, celle que la sagesse Offre à tous ses amis, et (pie, dans ma mollesse, Je n'aperçois non plus, hélas! que par éclair.

— lAO —

SONNKT CÏ.XXIX.

Avant que la jeunesse ait de sa tempe blonde Dérobé pour jamais les rayons à mes yeux, J'ai mené mes désirs et mes pas anxieux, l^ne dernière l'ois, par les sentiers du monde.

J'ai serré mes deux mains pour y tamiser Tonde Du ruisseau tourmenté qui bouillonne en ces lieux. J'ai trouvé des lambeaux dont mes doigts dédaigneux Auront gardé pourtant quelque stigmate immonde.

Mieux valent les tessons et le fumier de Job :

Sans avoir la sagesse et les ans de Jacob,

Je connais que la terre est un vallon de larmes,

Et qu'en ces tristes flots, celui qui, loin des bords, Du plaisir imposteur va poursuivre les charmes Ne lait qu'y soulever la fange du remords.

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