SONNET CXCIII
Dans le bloc iiilonipté j'ai plongé mes deux bras; J'ai roidi nuit et jour, pour arracher ma proie, Les muscles de mon âme et ce levier qui ploie : Toujours mon idéal a. bravé mes combats :
Je n'ai pu lui créer de formule ici-bas, Et j'ai dit : 0 beauté, n'es-tu donc que la voie. L'attrait indéfini, l'aimant que nous envoie Celui qui sait quel but doivent chercher nos pas?
Non, non, je crois en toi ! Tu peux être un myslè're. Mais un rêve, jamais : car l'esprit, ce hautain. N'a pas à réclamer de preuves à la teri-e.
11 le sent, ce trésor de notre amour lointain, C'est le type incréé dont un moule adultère Ne peut plus nous ofCrir qu'un reflet incertain.
SONNET CXGIV.
Ce fut sous le soleil, un bord de la marine. Qu'une enfant de seize ans (j'en pouvais avoir huit) De mes yeux ignorants vint soulever la nuit. Soudain, comme un éclair de lumière divine,
La beauté m'apparut. Hélas! l'ombre chagrine, Oui toujours ici-bas retombe et nous poursuit. M'a dès lors opprimé. Le jour calme s'enfuit Loin des regards ailiers que l'extase illumitie.
Di'jà triste, j'allais dans la lande m'asseoir, Au milieu des genêts arrêté sans les voir. Du voyage idéal j'essayais le délire ;
El, dans mon rêve alors mélangé de douleur, Je vis connue im grand lis lentement me sourire, i:i sur le bleu du ciel jeter sa blanche fleur.