‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 132 sur 167 · SONNET CCIX · texte numérisé non relu

SONNET CCIX

Pécheur, sous les baillons de ce triste mépris, Je vois de ton orgueil le squelette qui perce. Qu'est-ce que ces raisons où ton âme se berce? Du temps et du travail connais enfin le prix.

Comme un bon laboureur qui n'est jamais suipris, Lève- toi dès l'aurore, et fais passer la herse Sur le grain merveilleux que le Seigneur te verse, Avant qu'à tes sillons les vents ne l'aient repris.

Mais, lâche et vaniteux, tu t'enfuis loin du maître; Et tu voudrais parfois cesser de le connaître. Pour n'être plus troublé de honte et de remords.

Il ne demande pas cependant qu'on frémisse : Il ne veut que nos pleurs, il aide à nos efforts; Mais, les délais pa^és, il se fera justice.

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