‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 134 sur 167 · SONNET CCXII · texte numérisé non relu

SONNET CCXII

Si nous devenons vieux, aux enfants d'un autre âge (Puisse de ces jours-ci l'avenir différer!) Amis, que dirons-nous? Comment leur inspirer Cette ardeur qui convient ? Quels récits, quel langage.

Quels travaux accomplis, quels efforts de courage. Quels exemples enfui pourrons-nous leur montrer. Qui, les piquant d'honneur, nous en fasse honorer? Ah! nous nous préparons un pénible héritage.

Les cœurs sont des tombeaux : de nos rudes combats Les nôtres aux regards ne témoigneront pas. Ainsi nous tomberons dans le mé[)ris des hommes;

Mais nous verrons alors de près l'éternité.

Et, dans un temps pareil à celui dont nous soninus,

peut-être ii sei;i luen d(> n'iivoir rien été.

sonnp:t ccxii

L'homme a besoin d'appui, i)esoin qu'on l'encourage, Et, du bien et du beau poursuivant le chemin. Veut quelquefois sentir une main sous sa main, Et d'une noble voix recueillir le suffrage.

Mais qtielle solitude ou quel triste entourage, Au lieu de ce concours, lui fait le genre humain ! Que d'effroi; de douleur inculque l'examen! Car on n'est pas guéri pour renvoyer l'outrage.

Pourtant il faut marcher, se dire que du moins Hors du monde et des sens il reste des témoins , Dont à l'esprit pénètre un souffle tutélaire ;

Et de surplus, après les plus rudes assauts. Se contenter, hélas! d'obtenir pour salaire La haine des méchants et le mépris des sots.

SONETTO CGXIV.

Non archi o statue, ne di cortîgiani Ammirazione e lodi, non romore Di gente, o scorta, o tal segno esterioiv, E quanti mai sieno sullragi umani

Mostran i veri RegL Tutti vani Di questi i titoli, se del Signore Sommo Monarca non v' è con onore Posto il sigillo da sacrate mani !

Di tal sanzione privi, quelli c' hanno Scelti le turbe cieche nuUa fanno Ch'agli eletti delcielo aprir la strada :

E quando Tira poi di Dio si desta, A lei nou tanto pesa e scettro e spada Quanto una paglia al vento di tempesta.

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