SONNET CCXV
J'ai tant creusé mon front (jiie, pour quatre ans passés, Vos yeux même pourraient ne plus me reconnaître. Je n'ai pas vieilli seul, et d'autres yeu\ peut-être. Avant qu'il soit longtemps, vous le diront assez.
I.oin de moi d'insulter aux rayons menacés De cet astre brillant qui traversa mon être: Mais, ne fùl-il qu'une ombre et prêt à disparaître, .Te dirais : Que m'importe? En vain les ans glacés
Ont de votre beauté dispersé la lumière,
Elle survit pour moi dans sa splendeur première,
Pour moi seul, et mon cœur ne vous en rendra rien.
De ce trésor jadis vous me fûtes avare :
Les rôles sont changés, et je garde mon bien :
Désormais j'ai compris l'arrêt qui nous SL^pare.