SONNET CCXLV
Non, ce n'est pas le tout de s'écarter du monde : Dans les pièges des sens pour ne pas retomber, A soi-même, à l'orgueil il faut se dérober. Et clore de l'erreur cette source féconde.
Tant que de notre espoir quelque chose se fond'^ Aux bonheurs d'ici-bas, qu'enclins h se courbei', Nos désirs en Dieu seul no peuvent s'absorber. Notre exhumation n'est pas assez profonde.
Puissé-je n'estimer et ne regarder rien
Ou'à travers ma pensée et ma foi de chrétien,
Et mes yeux se fermer quand ma pensée est lasse.
Que ce me soit assez de confesser la croix, D'adorer mon Sauveur et (U) lui rendre grâce, Sans soii'jci- .iu\ liuinains ni coui'liser leur choix!
SONNET CCXLVl.
— Pourquoi, pourquoi sans cesse, ô grave solitaire, Autour de ton esprit élargir ton cerveau. Toi qui n'as que la tète en dehors du tombeau Et qui fermes tes bras aux clioses de la terre?
Est-ce dans quelque but dont tu veuilles te taire, Et d'un jour plus propice attends-tu le flambeau? (Hi l'étude, en tissant et serrant son réseau, Ne t'oflVe-t-elle ainsi qu'un passe-temps austère ?
Je suis, répondit-il, sous la main de mon Dieu :
Hors de sa volonté, je ne forme aucun vœu;
Mais, comme un bon soldat qui tient ses armes prèles.
Je prétends, s'il m'appelle, obéir sans répit. Et je gagne du moins, sevré d'autres conquêtes, D'apprendre combien l'homme en sa force est peti!.