SONNET CCLV
Entre tes fortes dents serre ton frein d'acier; Courbe sur ton poitrail tes narines hautaines. Et ne t'épuise pas en des alertes vaines, 0 généreux esclave, impatient coursier!
La guerre ! la bataille! un immense brasier! Les drapeaux, les canons, avec de belles plaines, Où bondir et suer tout le sang de ses veines, Jusqu'au noble trépas, salaire du guerrier!
Mais le signal se tait : ravale ton écume; Laisse tomber tes crins et cet œil qui s'allume ; Écoute sur tes flancs ton puissant cavalier.
Écoute, afin qu'au jour des gloires éternelles. Il te donne à franchir l'espace tout entier. Non plus avec tes pieds, avec de grandes ailes!