RÉPONSE A M. LE M'* A. DE BELLOY
Eaisse-moi croire, ami, que ce courroux présage Quelque chose de mieux que d'inertes regrets. Des idoles du jour maudissant les attraits, En détestant le siècle, aime-toi davantage.
Du monde et de la chair j'ai connu l'esclavage; J'ai porté contre moi bien des lâches arrêts ; Hélas! je soulTre encor d'abattements secrets; Mais humblement j'espère et je reprends courage.
Toi donc qui de bonne heure as vu la vérité. Pourquoi de son chemin serais-tu rejeté? Arrache de ton cœur ce désespoir superbe ;
Cesse comme à plaisir de te fermer les yeux :
Il n'est jamais trop tard pour commencer la gerbe
Que le Seigneur demande aux convives des cieux.
SONNKT CCLXV
Oh! jamais d'un tel jour si je vois la lumière, Si cette âme, ô mon Dieu, retourne à votre loi, Alors que votre bras s'irrite contre moi. Je ne saurais payer une grâce si chère.
Je ne me plaindrai plus, et, d'une joie entière, Bénissant votre nom, ô mon père et mon roi, L'espérance sereine, et l'amour et la foi, Interdiront mon Ame aux souffles de la terre.
Pour chanter vos bienfaits, ô gracieux vainqueur, En hymnes enflammés débordera mon cœur.
0 soleil sans nuage! ô radieuse aurore!
Puissent bientôt mes chants réjouir les élus. Et, pour vous saluer, faire vibrer encore La harpe de David aux autels de Jésus!