‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 26 sur 167 · SONNET XXXI · texte numérisé non relu

SONNET XXXI

Ne me demandez pas si sa prunelle est peinte Ou du céleste azur ou du brun de la nuit; Quelle nuance d'or, de jaspe ou d'hyacinthe A ses tempes se joue, en sa tresse reluit ;

D'albâtre ou d'incarnat si sa joue est empreinte; Si c'est grâce chez elle ou beauté qui séduit ; Ne me demandez pas quel espoir, quelle crainte. Se mêlant à mes feux, me guide ou me poursuit :

Car son regard, ainsi qu'un voile de lumière Sur ses yeux, fait ployer et frémir ma paupière ; Car l'auréole flambe à son front innocent ;

Car elle m'apparaît, toujours transfigurée ; Car elle est moins aimée encore qu'adorée, El je voudrais pouvoir l'enqjourprer de mon sang.

SONiNET XXXII. I

Enfant aux yeux divins de qui mon âme éprise . i

A sans cesse le nom et les cli armes présents, ;

Savez-vous mon amour, et mes vers, chaste encens, i

Soulèvent-ils en vous une douce surprise? |

En confuses lueurs ma flamme se déguise, \

Inhabile à blesser vos regards innocents.

De loin, sans les troubler, elle effleure vos sens,

Gomme un parfum qui tremble effeuillé par la brise.

Ainsi dans la vallée où tous deux nous passions.

Vous avez respiré les émanations

De quelque fleur fortuite et bien vite oubliée : ;

Mais un jour, vous trouvant moins prompte à les bannir, |

Reviendront caresser votre âme repliée ■

Et la fraîche senteur et le doux souvenir.

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