‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 33 sur 167 · SONNET XLI · texte numérisé non relu

SONNET XLI

A peine le printemps a sa neige triée. Comme une (leur de feu la tulipe a jailli , Et seule, éblouissant le jardin recueilli , Assied en plein soleil sa robe historiée.

Aux fonds d'or ou d'argent sa pourpre mariée Teint d'un reflet ardent le sol enorgueilli. Et, lorsque son calice est par hasard cueilli. C'est pour rougir encor la salle armoriée.

Allez, riches beautés, allez, ô pauvres fleurs, Avec l'outremer pur panachant vos couleurs, Noblement vous flétrir sur des vases d'Asie : Car jamais, d'un bouquet souvenir conservé. Ne survit une feuille en vos débris choisie. Et nul poëte, hélas! près de vous n'a rêvé.

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