‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 35 sur 167 · SONNET XLV · texte numérisé non relu

SONNET XLV

Un jour que, triste et seul, j'allais, la tête basse, Je sentis tout à coup un esprit embaumé Me murmurer au cœur : Elle t'aurait aimé. Regarde; de tes jours c'est le bonheur qui passe.

Et je vis une enfant toute pleine de grâce. Comme un marbre divin, qui, d'un Ange animé, Viendrait, au bleu du ciel teignant son œil charmé. Dans la vie et l'amour à la fois prendre place.

En deux torsades d'or roulent ses beaux cheveux... Car je la vois toujours, et pour toujours je veux. En mon sein consacrée, embaumer son image.

Peut-être que déjà cette pure beauté

Du monde et des saisons a subi le dommage.

Hélas! etfju'elle nura pour moi seul existé.

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