‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 37 sur 167 · SONNET XLIX · texte numérisé non relu

SONNET XLIX

Le jais le plus luisant à ses tempes foisonne ; Ses yeux des doux iris ont emprunté l'azur; Et la fleur du jasmin est d'un vélin moins pur Que les charmants tissus où sa forme rayonne.

Des roses dont Vesper, en été se couronne, Près de sa lèvre en fleur, l'éclat semblerait dur, Et l'onde de ses dénis ferait paraître obscur Le plus frais diamant que l'aurore façonne.

La grâce harmonieuse, innée à ce beau corps.

En fait, sous le regard, serpenter les trésors;

Sa voix d'argent se rive au cœur comme une chaîne

Un éclair lui suffit pour que vos sens charmés Retiennent son image et l'élisent pour reine... Ne vous détournez point; car déjà vous l'aimez.

SO.WNET L.

Lii jour le doux Persan aux maximes de miel, Saadi, le poëte amoureusement sage, D'une charmante main reçut, charmant message, Un simple grain de terre où son cœur vit le ciel.

La plus suave odeur dont l'aile d'Ariel Jamais ait ici-bas embaumé son passage S'en exhalait toujours, souvenir et présage, Des chastes voluptés emblème essentiel.

Es-tu, chanta l'amant, d'ambre, de cinnamome Ou de benjoin pétrie ? As-tu pris leur arôme Aux encensoirs d'Éden, aux lèvres des houris?

— Je n'étais hier encor qu'une vulgaire argile; Mais la rose, avec moi partageant son asile. M'ennoblit au contact de ses parfums sans prix.

SONNET Li.

Entre toutes les fleurs il en est une éclose Des baisers fugitifs que la nuit donne au jour : C'est encor celle-là que préfère l'amour Aux bouquets merveilleux que la Muse compose.

Toujours le beau Phœbus la rencontra morose ; Mais aux yeux de Diane elle rit à son tour. Le papillon jamais ne voltige à l'entour ; Mais le sphynx velouté dans sa coupe repose.

Et moi, j'ai respiré le balsamique encens, Que, sans se délier des abris noircissants, Pudique, elle distille au jardin solitaire.

Et, d'un geste charmant vers la tteur ramené,

Ses calices déclos à mon œil incliné

Ont épelé ce mot doux et grave : Myslcvc.

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