‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 38 sur 167 · SONNET LU · texte numérisé non relu

SONNET LU

Un nuage a passé sur la bruyère rose : Plus d'insectes volant en légers tourbillons. Hormis l'aigre refrain des aveugles grillons, Tout languit et se tait dans la plaine morose;

Mais aux cieux essuyés qu'un seul rayon éclose. Des mouches aussitôt flottent les bataillons. Et tournent dans les airs mille frais papillons : Plus de silence obscur ni d'aile qui repose.

Ainsi l'âme poëte et le cœur amoureux, Qu'habitent les pensers et les désirs nombreux, Font sans fin succéder la joie et la tristesse.

Riants ou désolés, suivant qu'ils ont pu voir. Dans le ciel que leur font les yeux de leur déesse. Renaître ou s'efl'acer le soleil de l'espoir.

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