‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 39 sur 167 · SONNET LUI · texte numérisé non relu

SONNET LUI

Lorsque, aux bois anuités, sonnent de Philomèle Les hymnes printaniers du silence advenus. Au souffle frais des soirs lorsque le rosier mêle Son encens merveilleux, haleine de Vénus,

Nul ne dit à la fleur de l'aurore jumelle : Retiens jusqu'à demain tes parfums ingénus; Ne dit à son amant qu'il attende, comme elle. Pour prodiguer ses dons, qu'ils ne soient méconnus.

Qu'avez-vous fait pourtant, lorsque à vos pieds. Madame, Je vins, chants et parfums, verser toute mon âme? Non, non, m'avez-vous dit, il n'est pas encor temps.

Soit; mais l'amour aussi passe et n'attend personne : Comme le rossignol cl la rose, il nous donne Des instants à saisir aux heures du priutenjps.

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