‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 40 sur 167 · SONNET LIV · texte numérisé non relu

SONNET LIV

— Belle (ille marine, à la poitrine rose,

De tes yeux verdoyants le regard m'a troublé. l

Que fais-tu sur ces flots d'où je suis exilé ? !

Dans son antre profond cependant que repose

Ton gardien hérissé, ce vieux Triton morose,

L'ombrage ici t'invite, et le sable ondulé I

Te cre^ise un nid humide à tout regard voilé.

La baie est de glaïeuls et de roches enclose.

Comme avec soin l'Amour a poli tes appas ! 1

Oh! ces beaux bras pour moi ne s'ouvriront-ils pas?

Viens ; mais non, tu me fuis. Oh ! ne fût-ce qu'une heure, i

11 faut... — Jamais, enfant : ces bras t'étoufferaient,

Et la Muse qui t'aime et qui déjà te pleure.

Et mes remords peut-être un jour te vengeraient.

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