SONNET LXIV
Tout un an j'ai vécu de la même pensée : Dans l'univers entier je n'apercevais plus Que les trop courts instants à mes feu\ dévolus. Dont toujours m'éloignait une attente insensée.
Enfin l'heure sonnait, et mon àme élancée, Rapide, traversait le bonheur des élus, Pour s'abîmer soudain en quelque noir reflux, Sans achever jamais l'extase commencée.
Maintenant, c'est fini, du moins comme on l'entend ; Invulnérable au reste, on me verra pourtant De cet unique amour chérir la cicatrice :
Car j'avais rencontré la reine de beauté, La sirène aux yeux pers, l'Eve dominatrice Que je devais aimer de toute éternité.
UN Ul LlVRt l'KtAUtU.