‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 5 sur 167 · SONNET V · texte numérisé non relu

SONNET V

Oui, j'aime à remuer cette langue héroïque Qu'à la bataille, en lice, en combat singulier. Faisait lire autrefois l'écu du chevalier, Et que l'on écrivait du glaive et de la pique ;

Noble alphabet où tout par la gloire s'explique : En émaux éclatants on y voit s'allier La croix du pèlerin, le pal du justicier Au Lis royal, orgueil du jardin héraldique.

Créneaux des châtelains, lions chers aux vaillants, Besants des bannerets, chevrons des tournoyants, Emblèmes de grandeur et d'illustre aventure.

Dans vos leçons pourtant on ne voit de nos jours Ou'un ornement qui sied aux flancs d'une voilure. (Ml (le jolis cacliels pour des caitels d'amours.

soMNiyr VI.

Il est beau de mourir de la mort consulaire, \'A\ Irappant à la face un insolent vainqueur, De changer à propos en sanglante colère l/outrageuse parole et le geste moqueur.

Au chemin du devoir quand la foi nous éclaire, Lorsqu'on porte sa Rome et ses Dieux dans le cœur, Toute action en elle enferme son salaire; Comme on est sans envie, on reste sans rancieur.

Ce (ju'il faut, c'est que nul de la chaise curule, Où le patricien attend l'arrêt du sort, -Ne fasse une sellette infâme et ridicule.

Celui qui résigna, par un suprême effort, l/avenir de sa race au destin qui l'annule Pour en garder l'honneur est encore assez fort.

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