‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 6 sur 167 · SONNET VU · texte numérisé non relu

SONNET VU

Lorsque, ceignant leurs fronts de couronnes notoires. Les guerriers dans le Tibre, avaient lavé leurs njains, Auv matrones sans peur, aux louveteaux romains Ils gardaient une part du sang de leurs victoires :

Le cirque s'élevait, et, quand des vomitoires Avait roulé la foule aux regards inhumains, Vers l'arène, où gisaient quelques fauves Germains, Les bétes s'élançaient du fond des loges noires.

Mais parfois un esclave, en ce combat Iiideu\, Se dressant sur ses pieds, seul, déchirait en deux Un grand lion d'Afrique à la gueule béante;

Le peuple applaudissait, et le glaiJiateur, Ueconnaissant Hercule à celte (euvre géante^ Allait sacrer ses fei"s au Dieu libératcui'.

SONNET Vlll.

11 est doiiXj quand déjà la nature frissonne, D'abandonner la ville une dernière fois, Conduisant à son bras^, pour parcourir les bois. Une enfant de quinze ans, blanche et frêle personne.

Dont la voix de printemps chanle :0h! j'aime l'autonuie J'aime dans les rochers les sinistres abois De la bise échappée, et, sur les coteaux froids, La brunie qui s'enroule aux arbres sans couronne.

Surtout j'aime, aux vallons, à froisser sous mes pas Ces feuilles dont l'accent qu'on ne retrouve pas Éveille dans mon àme une harpe plaintive...

Et, de sa poésie interrompant l'essor,

La vierge vous regarde, et, confuse et naïve,

incline, en rougissant, sa tête blonde encor.

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