‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 50 sur 167 · SONNET LXIX · texte numérisé non relu

SONNET LXIX

TRAnUIT DE SANNAZAR.

A ta course première, à ta lutte sacrée.

Aux palmes du splendide et véritable honneur,

Retourne désormais, ô pauvre âme égarée :

Pour souffrir les mépris, il faut manquer de cœur.

D'un autre amour plus beau, d'autres feux éclairée, Tu sauras bien, avec ton fragile labeur. Haussant ton espérance en plus noble contrée. Ici, contre la mort, prouver quelque vigueur.

Obtienne une plus douce et sonore louange Celle qui, jour et nuit, à mon trépas se range. Puisque mes chants pour elle ont peu d'autorité;

Ou, si de ses attraits elle n'aime la gloire, Qu'elle enferme à son gré, dans une tombe noire, Son nom, son souvenir et toute sa beauté !

Page 1