‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 51 sur 167 · SONNET LXX · texte numérisé non relu

SONNET LXX

IMITÉ DE SANXAZAR.

Depuis quatre cents ans le soleil, dans son cours,

Voit, de beaux rameaux d'or et d'une verte cime,

Sur la rive de Sorgue, un laurier qui s'anime.

Ombrage toujours frais et plus qu'aux premiers jours; '

Tel que, si maintenant celui dont les amours ' |

Y sont clos, revenait de son séjour sublime, !

11 pourrait rendre grâce au travail magnanime Qui de fleurs et de fruits a produit ces atours.

0 culture propice, heures bien dépensées, '

Encre, plume bénie et docile aux pensées, j

Comment avez-vous pu les suspendre si haut?

Mais,^m'a dit une voix, sois toi-même sans craintes : ■ i

Car, à moins de trouver ton étoile en défaut.

Tu n'auras pas perdu non plus toutes tes plaintes.

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