‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 62 sur 167 · SONNET LXXXVI · texte numérisé non relu

SONNET LXXXVI

Quelquefois dans mon cœur le vieux sang militaire Se réveille et me crie : Enfant dégénéré, Qu'attends-tu ? Ton orgueil, en ce siècle affairé, Ne sait-il rien de mieux que dormir et se taire?

Va, cherche les combats jusqu'au bout de la terre. Ou bien crains des aïeux Tanathème sacré, Et que tu^sois des tiens à jamais séparé. Pour avoir abdiqué Tépée héréditaire.

— Hélas ! la guerre même a subi le niveau Qu'impose l'industrie à ce monde nouveau. La prouesse est déchue avec les vieilles races.

Opères, contre nous n'élevez pas la main : Puisque aussi bien le monde a renié vos traces, Vos fils ne peuvent plus y faire leur chemin.

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