SONNET XIII
Au renouveau d'abord les jardins et les prées. De vert tendre vêtus, se parent de blancheur; Mais bientôt dépouillant la naïve iraicheur. Il leur faut des fleurs d'or et des fleurs empourprées.
D'écarlate et d'azur les moissons diaprées Courbent de blonds épis convoités du faucheur. Le soleil des longs jours, rayonnant chevaucheur. De parfums chaleureux imprègne les vesprées.
Plus de jeunes senteurs, plus de neigeux bouquets:
Les hampes des lilas attristent les bosquets.
Et l'enfant pleure aux champs ses chères pâquerettes ;
Mais de l'heure déjà tourne le sal)lier,
Et, sous le frais rempart des ombreuses retraites,
Lu rose nous sourit qui l'ait tout oulilier.
SONNIiT XIV.
Coiimic les fleurs de mai la rose aussi se fane, 1^1 du sang de Vénus ses tissus animés, Ses caliees vermeils, amoureux, embaumés. Le souffle de l'été les brûle et les profane.
Bientôt la rouille éteint rincarnat diaphane Des pétales tremblants sur la poudre semés : b:trangers aux regards que leur gloire a charmés. Parmi de vils débris la tempête les vanne.
0 Reine, et l'on vous perd sans se noyer de pleurs! Non pourtant que l'automne ose aux dernières fleur; Promettre les autels que l'amour vous érige ;
Mais il faut qu'ici-bas tout périsse à son tour : La plus pure beauté ne laisse de vestige Qu'un souvenir glacé qui lui survit un jour.