‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 86 sur 167 · SONNET CXXIV · texte numérisé non relu

SONNET CXXIV

Salut au grand Corneille, à ce chef légitime Des tragiques français! J'aime ses traits ouverts Et de son front sacré la candeur magnanime, Laissant lire aux regards Vâme de ses beaux vers.

0 poëte penseur, naïvement sublime.

Discoureur souverain, ta gloire sans revers Dresse, au milieu des temps, une éternelle cime. Dont nul vent n'atteindra les rameaux toujours verts.

Et tu connaissais bien cette grandeur suprême ; Vieux devin, dédaigneux d'un fugitif blasphème. Tu savais quels autels sacreraient ton honneur.

Et que là, prosternant l'amour-propre et l'intrigue, Tels que les rois captifs aux genoux de Rodrigue, Tous tes rivaux vaincus t'appelleraient seigneur.

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