SONNET CXXV
Je n'ai pas dissipé mes trésors d'espérance ; Ce pieux héritage enfoui dans mon sein. Je l'ai su nuit et jour défendre du larcin, Pareil au laboureur qui veille, en grande transe,
Aux fruits de ses enclos. Le vent de la souffrance A fait ployer mon front, et son souffle malsain. Engendrant les ennuis comme un sinistre essaim, A défleuri pour moi le doux sol de la PYance.
0 terre des aïeux, un oracle moqueur
Est ta seule réponse aux hymnes de mon cœur :
Je t'aime cependant, ô marâtre patrie !
Il est trop vrai, l'espoir est mon unique lot; Mais, malgré les langueurs dont ma vie est flétrie, Je ne dirai jamais que ce soit un vain mot.
lif