‹ Chant du passé, 1830-1848Chapitre 93 sur 167 · SONNET CXXXIV · texte numérisé non relu

SONNET CXXXIV

Comme une nuit profonde où passent des éclairs, Qui soudain font courir, sous leurs lueurs sauvages, En bizarres contours les champs et les ombrages, Et s'exhausser d'un jet la coupole des airs;

Ainsi de nos aïeux les symboles ouverts Laissent, dans leur chaos plein d'étranges images. Du livre primitif tournoyer quelques pages. Dont les mots entrevus jettent des sens divers.

Ces coups d'œil de lumière âpre et déchiquetée Ne sauraient fournir seuls une idée arrêtée, Ni tracer le chemin à l'esprit haletant;

Mais, si déjà le jour au voyageur qui doute Éclaira les objets, son regard à l'instant Reconstruit l'horizon et ressaisit la route.

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