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Il fut avant d'être construit Connu dix milles à la ronde . . .
Rarement on fait tant de bruit Avant d'arriver en ce moude.
Partout commenté, discuté.
Passant d'épreuves en épreuves, Il finit par être voté Grâce à l'appoint de douze veuv
Voter pour lui c'était leur droit, Même un devoir de conscience ; N'est-ce pas aux femmes qu'on doit Le doux bienfait de l'existence ?
Le vote est pris ; ce n'est pas tout ; Le choix du site reste à faire.
Chaque électeur tient pour son bout Et veut en faire son affaire.
Chacun tire de son côté.
Chacun veut l'avoir à sa porte...
Enfin le eort en est jeté, C'est Saint-Lazare qui l'emporte.
0 Saint-Lazare, humble quartier Qui sors enfin de ta nuit blanche, Tu peux lever un front altier, Car c'est le jour de ta revanche.
Et toi que l'on disait si loin, Pour compléter ce qui te manque, Au risque de froisser le coin Tu rêves la Poste et la Banque.
Et quand la chose arrivera, Coup du destin plus que bizarre, De gré, de force, il nous faudra Nous annexer à St-Lazare.
Car, tout nous laissaut tour à tour, Poste, banque et l' hôtel-de-ville, Nous ne serons plus qu'un faubourg ; Saint-Lazarre sera la ville.
En attendant l'événement Qu'un proche avenir nous réserve, Devons-nous souhaiter vraiment Que jusque-là Dieu nous conserve ?
C'est bien la seule ambition Qui te reste, pauvre auditoire.
Mais trêve à la digression, Et revenons à notre histoire.
Le site choisi, reste encor
Où placer le vaste édifice ;
Pas un sur ce point n'est d'accord,
Chacun le place à son caprice.
A quatre-vingts pieds du chemin Sera-t-il ou bien à soixante ?
Question remise à demain Car elle est très embarrassante.
Enfin après bien des tracas Lorsque la bâtisse s'achève On la toise du haut en bas Et la discussion s'élève.
A propos de tout ou de rien On vient trouver monsieur le maire Ce toit plat ne mine pas bien, Ces perrons ont l'air trop sévère.
Les châssis de ce bâtiment
Ne sont-ils pas trop étroits ? Dame !
Si vous voulez absolument
Y nicher un hippopotame.
On critique sans se lasser Et mille propos font la ronde.
Tout serait à recommencer S'il fallait croire tout le monde.
Mais le maire dans tout ceci
A dû faire beaucoup de bile
Du tout, il n'avait qu'un souci Terminer son hôtel de ville.
Heureusement que bon gsrçon, Pour passer à travers la crise, Il leur donna toujours raison....
Sans rien changer à l'entreprise.
Maintenant que grâce à ses soins L'œuvre nous semble sans reproches
Applaudissons bien fort à moins
Que nos mains veillent sur nos poches.
Car croire que pour ces travaux Héon se contente de prunes, Tout ça c'est bon pour les cerveaux Qui vont suivant le cours des lunes.
Puisqu'il veut, sans être exigeant, Qu'on le paie en bonnes espèces Aidez-nous donc de votre argent En venant applaudir nos pièces.