PERDANT LA N1IT
Jetais comme seul au monde.
La solitude profonde Régnait alors dans le champ.
Sur les eaux et les bruyères.
Des cohortes singulières Défilaient en se penchant....
C'était la troupe des songes !
lis s'en allaient, doux mcnsouj Consoler bien des dormeurs !
L'Amour était à leur tête:
Il tenait son arbalète, Et ses flèches pour les cœurs.
Ils s'en allaient à la ville.
Ces songes, en longue lile
Effleuraiant du pied le sol ;
Et ces riantes Chimères
S'enroulaient, bandes légères,
Sans avoir ni pas, ni vol.
• Ces cohortes lumineuses
Resplendissaient vaporeuses ; Et, de sa troupe en relard; L'Amour, au clair de la lune, Hâtait chacun et chacune.
Il était déjà bien tard !
PENDANT LA Mil. 23
Cependant que d'affreux rêves
Aux noirs gibets sur les grèves, Où des gnomes de l'enfer Pouvaient avoir pris leur place ; Songes heureux, pleins de grâce :
Ils suivaient le fil de l'air....
La ville s'étend, immense.
Dans une vapeur intense.
Éclatent, sont détachés, Les édifices sans bornes, Les églises graves, mornes.
Et leurs milliers de clochers.
A l'heure où les songes passent, Où mollement ils s'enlacent.
On entend si peu de bruit :
Qu'une plume de colombe, Qui dans l'air tournoie et tombe ; Les fait fuir toute la nuit.
Mais tout dort... et cette foule Surgit, grandit, se déroule, S'éloigne en me souriant....
— Une cigale endormie.
S'éveilla! — Sa voie amie Fit un vacarme effravant.