DOULEUR D'UN CHARRETIER
Dia ! hue ! — Oh ! chacun de vous m'écoute. Compagnons qui marchez à ma voix, Sans jamais que mon fouet, sur la route, Ne vous frappe une fois.
Dia ! hue ! — Oh ! dans l'hiver, par la bise, Je trouvais bon souper, vous bon foin; Et de toi surtout, ma vieille grise.
Elle avait tant de soin !
Dia! hue ! — Oh ! ma pauvre fille est morte ! A présent, qirallons-nous devenir?
Tous les soirs elle était sur la porte. Pour nous voir revenir...
Dia! hue ! — Oh! sur la route, mes bêtes, De bien loin nous étions reconnus.
jÉJais sa main, qui caressait nos tètes, Ne nous touchera plus !
Dia! hue! — Oh! c'était toute sa mère! Même voix ! — Je n'ai pas de bonheur.... Mêmes yeux ! — Ma tille est dans la terre. Et la mort dans mon cœur.
:* i DOULEUR l>'lN CHARRETIER.
Dia ! hue ! — Oh ! la maison est déserte ; Plus d'enfant! pour l'embrasser le soir.... Plus de feu.... plus de chants! — Quelle perte ! Je suis au désespoir....
Dia ! hue ! — Oh ! comme la route est triste ! . . . Tous les cinq, arrêtons-nous auprès De Mathieu, le pépiniériste, Pour avoir deux cyprès.
Dia ! hue ! — Oh ! nous passons par la Briche ; Avançons, la Briche est encore loin.
— Qu'aujourd'hui, je voudrais être riche! Pour pleurer dans un coin.
Dia! hue! — Oh! plus ni femme, ni fille! 0 mon Dieu! que vous ai-je donc fait?
En trois ans, je n'ai plus de famille ! Êtes-vous satisfait?
Dia! hue! — Oh! je vais boire à l'auberge, Pour tâcher d'oublier mon chagrin. ^ Mes chevaux, puissiez-vous sur la berge, .M écraser en chemin!...
Dia! hue! -Oh!...
LA SIESTL.
N'ouvrez pas encor les yeux,
Ma belle dormeuse ; Le soleil est radieux,
Et vous radieuse.
Ecoulez, tout en dormanl,
Ce que je vous chante :
Je chanterai doucement,
Dormez, ma charmante !
Dormez dans votre beauté,
Bercez-vous d'un songe.
Mieux que la réalité,
Vaut un beau mensonge.
Quand vous vous réveillerez,
Ma petite reine, INous irons où vous voudrez :
Que l'amour nous mène!
Nous prendrons, si vous voulez,
Auprès de l'église La route a travers les blés,
Quand viendra la brise.