‹ Chant et poésieChapitre 21 sur 81 · DOULEUR D'UN CHARRETIER · texte numérisé non relu

DOULEUR D'UN CHARRETIER

Dia ! hue ! — Oh ! chacun de vous m'écoute. Compagnons qui marchez à ma voix, Sans jamais que mon fouet, sur la route, Ne vous frappe une fois.

Dia ! hue ! — Oh ! dans l'hiver, par la bise, Je trouvais bon souper, vous bon foin; Et de toi surtout, ma vieille grise.

Elle avait tant de soin !

Dia! hue ! — Oh ! ma pauvre fille est morte ! A présent, qirallons-nous devenir?

Tous les soirs elle était sur la porte. Pour nous voir revenir...

Dia! hue ! — Oh! sur la route, mes bêtes, De bien loin nous étions reconnus.

jÉJais sa main, qui caressait nos tètes, Ne nous touchera plus !

Dia! hue! — Oh! c'était toute sa mère! Même voix ! — Je n'ai pas de bonheur.... Mêmes yeux ! — Ma tille est dans la terre. Et la mort dans mon cœur.

:* i DOULEUR l>'lN CHARRETIER.

Dia ! hue ! — Oh ! la maison est déserte ; Plus d'enfant! pour l'embrasser le soir.... Plus de feu.... plus de chants! — Quelle perte ! Je suis au désespoir....

Dia ! hue ! — Oh ! comme la route est triste ! . . . Tous les cinq, arrêtons-nous auprès De Mathieu, le pépiniériste, Pour avoir deux cyprès.

Dia ! hue ! — Oh ! nous passons par la Briche ; Avançons, la Briche est encore loin.

— Qu'aujourd'hui, je voudrais être riche! Pour pleurer dans un coin.

Dia! hue! — Oh! plus ni femme, ni fille! 0 mon Dieu! que vous ai-je donc fait?

En trois ans, je n'ai plus de famille ! Êtes-vous satisfait?

Dia! hue! — Oh! je vais boire à l'auberge, Pour tâcher d'oublier mon chagrin. ^ Mes chevaux, puissiez-vous sur la berge, .M écraser en chemin!...

Dia! hue! -Oh!...

LA SIESTL.

N'ouvrez pas encor les yeux,

Ma belle dormeuse ; Le soleil est radieux,

Et vous radieuse.

Ecoulez, tout en dormanl,

Ce que je vous chante :

Je chanterai doucement,

Dormez, ma charmante !

Dormez dans votre beauté,

Bercez-vous d'un songe.

Mieux que la réalité,

Vaut un beau mensonge.

Quand vous vous réveillerez,

Ma petite reine, INous irons où vous voudrez :

Que l'amour nous mène!

Nous prendrons, si vous voulez,

Auprès de l'église La route a travers les blés,

Quand viendra la brise.

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