‹ ChantillyChapitre 102 sur 105 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

n 1895, une circonstance solennelle amena à Chan-

A J tilly Mme la comtesse de Paris. On songeait au mariage de la princesse Hélène, sa seconde fille, avec le prince Philibert-Emmanuel de Savoie, duc d'Aoste.

Le duc d’Aumale avait une grande affection pour la jeune princesse, dont il était le parrain, et s’intéressait particulièrement à elle. Les fiançailles se firent à Chantilly, où étaient réunis de nombreux amis, des princes français et italiens.

Cet événement causa une vraie joie au duc d’Aumale; c’était l’union des deux plus anciennes maisons royales du monde; il se plaisait à rappeler les alliances qui, si souvent, depuis des siècles, avaient uni les deux familles. Appréciant au plus haut degré les qualités militaires de cette antique race de Savoie , qualités si semblables à celles qu’il aimait à constater dans son propre sang, il retrouvait, avec bonheur, ces mêmes aptitudes chez le prince qui entrait dans sa famille.

C II A N T I L L 1

Le mariage eut lieu en Angleterre le 2$ juin 1 89 5 . Le duc d’Aumale y assista avec les princes ses neveux, les princes italiens et anglais et un grand nombre de fidèles amis. Ce jour-là il revit sa maison, Orléans- House, prêtée gracieusement pour cette réunion par le propriétaire actuel. H n'y était pas rentré depuis 1872; les jours d’autrefois paraissaient revenus pour un instant, toutes les choses étaient semblables à celles du passé, n’eût été la grande mélancolie de son regard, cherchant en vain les êtres chers qui l'entouraient jadis en ce beau lieu.

Rentré promptement à Chantilly, le duc 11e s'absenta plus pendant la fin de l’année. Il reprit ses occupations ordinaires et ses habitudes d’exercice au grand air, sa promenade à cheval quotidienne qu’il rendait toujours utile, allant visiter les forêts, s’intéressant aux choses qui s’y font, causant avec les gardes et les ouvriers forestiers.

Il aimait les bois pour leur beauté, et la sylviculture comme science ; grand amateur de la campagne, des travaux agricoles en général, il s’entretenait volontiers avec la population vraiment rurale, dans les différents pays où il possédait des domaines.

L hiver, les rendez-vous de chasse ajoutaient encore un prétexte aux excursions à cheval. Depuis qu’il ne chassait plus aussi activement lui-même, le prince prenait

SoSgï ;<■

SS

#ssr* ijg

LIÎ DUC D AUMALE EN I89O, DERNIER PORTRAIT DU PRINCE. PHOTOGRAPHIE AD VIVUM PAR SON ALTESSE ROY ALE LE DUC DE CHARTRES

Page 1