Chapitre v
Coustou fait pour le parc des lions, des chimères, et les molosses qui sont encore aux approches du château. Des bustes d’après l’antique sont commandés à Rome.
La Ménagerie est achevée, ce qui en reste est maintenant une ferme, mais elle renfermait alors toutes sortes d’animaux, d’oiseaux rares et curieux. Ils habitaient des bâtiments et des cours très ornés. Les jets d’eau, les bassins y étaient en grand nombre. Cette Ménagerie était divisée en plusieurs parties ; il y avait la cour des poules, des pigeons, des paons, de la faisanderie, la cour des loups, des animaux féroces. Les dessins de ce très grand et luxueux établissement ont été reproduits au xvme siècle sur un curieux jeu de Cavagnole 1 conservé au château de Chantilly.
C’est le prince Henri-Jules qui fit bâtir l’Orangerie et fit transporter dans une galerie aménagée au-dessus le très magnifique et très riche cabinet des armes. On y remarquait, outre l’armure de Jeanne d’Arc, celle du connétable Anne de Montmorency, celle du Grand Condé, sur laquelle on comptait neuf coups de mousquet, et sur
1 Le jeu de Cavagnole est une sorte de loto qui fut très à la mode au temps de Louis XV. La reine Marie Leczinska y jouait tous les soirs. Ce jeu, comme le loto, est divisé par tableaux. Celui de Chantilly en compte vingt-quatre, chaque tableau représente non seulement les différentes parties de la Ménagerie, mais encore les principaux sites de Chantilly, le tout enguirlandé de roses. Les numéros sont aux angles.
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le casque plusieurs coups de sabre, une paire de longs pistolets (la tradition dit que le héros s’en servit toujours). On voyait encore dans ce précieux cabinet la chaise sur laquelle on portait le général espagnol marquis de Fontaines à la bataille de Rocroy lorsqu’il fut tué h
En 1688, deux ans seulement après la mort du Grand Coudé, Henri-Jules fit préparer Chantilly pour y recevoir le Grand Dauphin. L’appartement destiné à ce prince et qu’il occupa, était celui que le Grand Condé s’était réservé au premier étage du petit château, qu’il n’avait pas vu terminé. Les fêtes qui furent offertes au Grand Dauphin dépassèrent tout ce qui avait été vu jusqu'alors. Nous en trouvons la description dans le Mercure de France , dont un volume spécial donna la relation très complète que nous lui empruntons, à cause de l’intérêt actuel qu’elle peut avoir pour ceux qui connaissent Chantilly, en retraçant exactement ce qui se voit encore dans certaines parties du palais ou des alentours.
« M. le Dauphin partit de Versailles le Dimanche 22 août et arriva dans la forêt de Chantilly par le chemin de Luzarches. M. le Duc et M. le prince de Conty le reçurent vers le milieu de la « Vieille route ». Comme c’était
1 Cette chaise, entrée dans les collections de l’État, est, croyons-nous, au Musée d’ Artillerie ; au moins elle y était encore vers 1848.